• Deux présentations en avant-premières de

    "Van Gogh le suicidé de la société" d'Antonin Artaud

     

    ont eu lieu

    à Confluences - Paris 20ème 

    - lundi 6 et mardi 7 janvier 2014 à 19h30  - 

    Manière de mettre à l'épreuve de regards singuliers ce premier jet théâtral

    "dans un monde où on mange chaque jour

    du vagin cuit à la sauce verte". 

     Merci d'être venus 

    Avant-première

    Avant-première van Gogh Confluences Photo Jm Musial -  Scénographie  Confluences janvier 2014.

    -

    Dramaturgie et Jeu :

    Virginie Di Ricci

    Scénographie, Mise en scène, lumière/son/Image, et Régie directe :

    Jean-Marc Musial  

    Production :

    Terribilità

     

     

    Remerciements particuliers :

    Aelters, Hnz Adrzn, Arp Alias, David Bausseron, Louise Bronx, Barbie Rooza, Angela Di Vicenzo, Mirabelle Rousseau, Esther Silber, Seb (DigitalVandal).


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  • SAMEDI 15 FÉVRIER 2014 à 20H

     

    6, rue d'Eupatoria

    Eglise Notre-dame-de-la-Croix de Ménilmontant - 75020

    M° Ménilmontant

     

    Lectures amplifiées - Ménilmontant 2014©Photo Patricia Rousseau

    Lectures amplifiées - Ménilmontant 2014©Photo Jm Musial 

     

     

    LECTURES AMPLIFIÉES

    Création  THEATRE

    Prix : Participation Libre

     

    - Les Chaises - Voix off d'un scénario écrit et lu par Anne Makovski + Geoffroy Laporte guitare électrique - 

     

    Précédé de 

     

    - 3 Lettres à Théo de Vincent van Gogh - et extrait de « Van Gogh, le suicidé de la société »  d'Antonin Artaud par Virginie Di Ricci + son Jean-Marc Musial

                                                                                                                 

     

    « NUL N’A JAMAIS ÉCRIT OU PEINT, SCULPTÉ, MODELÉ, CONSTRUIT, INVENTÉ, QUE POUR SORTIR EN FAIT DE L’ENFER. »             

    Antonin Artaud

     

     

     

     


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  •  VENDREDI 7 MARS 2014 à 19h30

    Ecole Nationale Supérieure d'Art de Bourges 

    7 rue Edouard-Branly 

     

    Lecture de Textes et cahiers d'Ivry d'Antonin Artaud

    par Virginie Di Ricci

     

    Dans le cadre du Théâtre de l'Auto-dévoration,

    cycle proposé par Pacôme Thiellement

    à l'invitation de

     Bandits-Mages

     

    O TA FIOLE IRA 

    - Le visage humain-

     


    Tête Bleue - Dessin d'Antonin Artaud - 1946

     

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

     

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

     


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    La fin de Satan, c’est fini ! Pacôme Thiellement en résidence au Monte-en-l'air

     

    La résidence « Satan Trismégiste » a commencé le jeudi 7 mars 2013 et s’est achevée le mercredi 22 janvier 2014. C’est grâce à la librairie surnaturelle Le Monte-en-l’air que tout a eu lieu, grâce à Fabrice Cysique, à Guillaume Dumora et à la sublimissime Aurélie Garreau. Et si cette résidence s’est doublée d’un théâtre de vidéos sur viméo, c’est grâce à Remue.net, à Guénaël Bontouillet, à Patrick Chatelier et à l’inimaginablement fabuleuse Marjolaine Grandjean. 
    Ici vous avez tous les liens pour les vidéos que Marjolaine a filmées avec rigueur et toujours un magnifique sourire le long de la résidence au Monte-en-l’air. 
    L’idée était et est de faire le lien entre les grandes « gnoses » (qu’il s’agisse du gnosticisme à proprement parler ou de ses extensions typeIshrâqîyûn [1] ou pensée traditionnelle guénonienne [2]) et la pratique carnavalesque et cruelle, de la pataphysique à Hara-Kiri
    Pourquoi ? Pour lutter contre l’ennui, la dépression, le sentiment du malheur, le sentiment de l’inéluctable injustice. 
    Et parce que c’est beau. 

     

    http://www.criticalsecret.net/pacomethiellement-epilogue-en-liens-epilog-such-as-links,148


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  • Dessin de Sylvie LOBATO  - Merci Sylvie -

    (réminiscence du "Van Gogh, le suicidé de la société" le 7/01/2014)

    "C'est ainsi que les quelques rares bonnes volontés lucides qui ont eu à se débattre sur la terre, se voient à de certaines heures du jour ou de la nuit, au fond de certains états de cauchemars authentiques et réveillés, entourés de la formidable succion, de la formidable oppression tentaculaire d'une espèce de magie civique que l'on verra bientôt apparaître dans les mœurs à découvert." Antonin Artaud

     

    Sylvie LOBATO


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  • FUGUE DE MORT - Paul CELAN - 1945

    Lait noir de l'aube nous le buvons le soir

    le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit

    nous buvons et buvons

    nous creusons dans le ciel une tombe où l'on n'est pas serré

    Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit

    il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d'or  

    écrit ces mots s'avance sur le seuil et les étoiles tressaillent il siffle ses grands chiens  

    il siffle il fait sortir ses juifs et creuser dans la terre une tombe  

    il nous commande allons jouez pour qu'on danse

    Lait noir de l'aube nous te buvons la nuit

    te buvons le matin puis à midi nous te buvons le soir

    nous buvons et buvons

    Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit  

    il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d'or

    Tes cheveux cendre Sulamith nous creusons dans le ciel une tombe où l'on n'est pas serré

    Il crie enfoncez plus vos bêches dans la terre vous autres et vous chantez jouez

    il attrape le fer à sa ceinture il le brandit ses yeux sont bleus

    enfoncez plus les bêches vous autres et vous jouez encore pour qu'on danse

    Lait noir de l'aube nous te buvons la nuit

    te buvons à midi et le matin nous te buvons le soir

    nous buvons et buvons un homme habite la maison Margarete tes cheveux d'or

    tes cheveux cendre Sulamith il joue avec les serpents

    Il crie jouez plus douce la mort la mort est un maître d'Allemagne

    il crie plus sombres les archets et votre fumée montera vers le ciel

    vous aurez une tombe alors dans les nuages où l'on n'est pas serré

    Lait noir de l'aube nous te buvons la nuit

    te buvons à midi la mort est un maître d'Allemagne

    nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons

    la mort est un maître d'Allemagne son oeil est bleu

    il t'atteint d'une balle de plomb il ne te manque pas

    un homme habite la maison Margarete tes cheveux d'or

    il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans le ciel

    il joue les serpents et rêve la mort est un maître d'Allemagne

    tes cheveux d'or Margarete

    tes cheveux cendre Sulamith


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    A MÊME LE RITE DE LA DEVORATION DU SOLEIL NOIR

     

    Chère Virginie Di Ricci, 

    Que garde un spectateur après cette magnifique, touchante et très émouvante représentation de ce VINCENT VAN GOGH LE SUICIDE DE LA SOCIETE ?Là où TOUTE L'OEUVRE n'est que la mise en mots, en phrases, en scènes, en signes d'Antonin Artaud par lui-même, corps et être jusqu'au supplice... 

     

    Et bien, je crois, qu'après les vagues d'applaudissements qui clôturent la représentation, commence l'avalement du miracle et de ses fragments propre au théâtre en chacun... une sorte de dévoration des êtres entre eux dans le gouffre de la conscience... 

     

    Et cette  SAINTE COMMUNION a eu lieu ce mardi 7 janvier 2014 dans ce boîtier noir de l'espace de Confluences... 

     

    Là où on a dévoré l'ÊTRE-ACTRICE-ARTAUD-DI RICCI... 

     

    De FILLE DU FEU  en FILLE DE COEUR parmi les rares, les très rares de l'excellence... comme lors de cette apparition d'un corps de lumière incarnée derrière cette plaque vitreuse et oblique qui devient énigme de lumière vraie... ce foudroiement où surgit Virginie Di Ricci  traversée par l'emportement des signes dans cette fusion-bûcher des flammes invisibles qui se métamorphose en ce papillon de fond d'espace agitant ses deux ailes immenses de toile noire fendue dans un instant d'extraordinaire vérité... 

     

    Et donc, comme une étoile apparue qui restera dans la constellation intérieure de chacun...

    José GALDO  le 11 janvier 2014

     http://www.poethique.org/pages/poetes-contemporains/galdo-jose.html

     

    Cher José Galdo,
    Un fragment du miracle fut que vous soyez là,   et que vous m'en restituiez l'impact avec une telle profondeur sensible. Ce qui est lancé - le poème d'Antonin Artaud - et sa déflagration, je n'en suis pas indemne - la dévoration dont vous parlez a bien lieu pour l'acteur aussi. Alors un message de vous apporte un soulagement à cette cruauté d'être soi-même avalé. Apporte un sens secret  à faire du théâtre vrai et invite à ne pas lâcher. Les énigmes de la lumière que vous avez captées sont au cœur de la mise en scène, de l'unité ; là où l'unique, l'acteur, n'est qu'un mal voyant en passe d'aveuglement complet.  

    Amitiés,Virginie Di Ricci

    Réponse-poème de José Galdo

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vincent van Gogh
    Le grand paon de nuit, 1889
    Huile sur toile, 33,5 x 24,5 cm
    Musée Van Gogh, Amsterdam

     


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  • CYCLE SATAN TRISMEGISTE De Pacôme Thiellement

    Mardi 10 Décembre 2013 au Monte-en-l'air à 19h30 :

    SOIREE ARTAUD avec Virginie Di Ricci


    Virginie Di Ricci est actrice, dramaturge et monteuse d'images au coeur de Terribilità. Antonin Artaud, S.I. Witkiewicz, D.A.F. de Sade, Pier Paolo Pasolini, les romains du Ier siècle, Laure et Bataille sont les écritures qu'elle a traversées en scène, une scène toujours à réinventer dans la continuité et l'archéologie de ses grands réformateurs, Craig, Appia, Meyerhold, Kantor et dont Antonin Artaud est l'une des figures les plus obsédantes.

     Au Monte-en-l'air, dans le cadre de la résidence SATAN TRISMEGISTE de Pacôme Thiellement , elle évoquera l'existence d'un théâtre dans l'Egypte ancienne et comment Antonin Artaud en fut l'inventeur (+ Lecture d'extraits des Derniers cahiers d'Ivry).

     

    Création en cours THEATRE

     


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  • Extrait de L’Art du théâtre

    Par EdwardGordon Graig

     « Tout ce qui est accidentel est contraire à l ‘Art. L’art est l’antithèse même du Chaos, qui n’est autre chose qu’une avalanche d’accidents. L’Art ne se développe que selon un plan ordonné. Il ressort donc clairement que pour créer une œuvre d’Art, nous ne pouvons nous servir que de matériaux dont nous usions avec certitude. Or, l’homme n’est pas de ceux-là. Toute sa nature tend à l’indépendance ; toute sa personne montre à l’évidence qu’elle ne saurait être employée comme « Matière » Théâtrale.

     Les gestes de l’acteur, l’expression de son visage, le son de sa voix, tout cela est à la merci de ses émotions… Son visage et ses membres, s’ils n’échappent pas à tout contrôle, résistent bien faiblement au torrent de la passion intérieure et manquent de le trahir à tout instant.

     Comme je l’ai écrit par ailleurs, le Théâtre continuera de croître, et les acteurs pendant un certain nombre d’années encore retarderont son développement. Mais j’aperçois une issue par où ils pourront échapper à leur servitude actuelle. Ils recréeront une manière de jouer nouvelle consistant en grande partie en gestes symboliques.

     De nos jours l’acteur s’applique à personnifier un caractère et à l’interpréter ; demain il essaiera de le représenter et de l’interpréter ; au jour prochain il en créera un lui-même. Ainsi renaîtra le style.

     Et voilà ce qu’on appelle faire œuvre d’art, ce qu’on dit être une manière intelligente de suggérer une idée. Ma foi, cela fait penser à un peintre qui tracerait sur un mur l’image d’un quadrupède à grandes oreilles et puis écrirait « âne » dessous. Les grandes oreilles l’indiquaient de reste, sans qu’il ait eu besoin de rien écrire ; un écolier n’eût pas fait autrement. La différence entre l’écolier et l’artiste est que celui-ci au moyen des seuls traits et des contours évoque aussitôt l’image de l’âne ; et si c’est un grand artiste il évoquera l’idée de l’espèce entière des ânes, l’esprit de la chose.

     L’acteur enregistre la vie à la manière d’un appareil de photographie et il essaie d’en donner un cliché photographique. Il ne soupçonne pas que son art puisse en être un comme la Musique. Il s’efforce uniquement de reproduire la nature ; il pense rarement à inventer d’après elle ; il ne songe jamais à créer.

     « Quoi ! » s’écrie l’acteur au sang vif et aux yeux étincelants : « Il n’y aura donc ni chair ni vie dans votre Art du Théâtre ! » Tout dépend de ce que vous entendez par vie quand vous vous servez de ce mot relativement à l’idée d’Art. Pour le peintre, le mot de vie représente quelque chose de très différent de la réalité ; pour les autres artistes le mot vie a un sens tout idéal ; et ce sont les seuls, acteurs, ventriloques et naturalistes, pour qui mettre de la vie dans leur œuvre signifie fournir une imitation matérielle, grossière, immédiate de la réalité.

     Les lois qui régissent la peinture, la architecture et la musique rendent la chose possible. Un tableau peut se composer de quelques lignes à peine. Mais si simples soit-il, il peut être parfait. Elles seront à mon gré droites ou courbes, et il n’y a pas à craindre que ma main les trace courbes si je les veux droites.

     Ce qui à mes yeux fait la différence entre la résultante de l’intelligence et la résultante du Hasard (c’est que) la première donne une œuvre d’art, la seconde n’est qu’une œuvre de circonstance. Qu’une production de l’intelligence atteigne sa forme parfaite et c’est une œuvre d’art pur. Et c’est pourquoi j’ai toujours soutenu, bien que je puisse me tromper, que votre profession n’est pas de nature artistique, chacune de vos réalisations étant sujette à être modifiée par l’émotion. »

     Si vous découvrez quelque jour dans la Nature un mode nouveau dont l’homme n’ait jamais usé pour exprimer sa pensée, sachez que vous serez à la veille de créer un nouvel Art ; car vous aurez découvert les éléments mêmes de cet Art.

    Pater écrit à propos de la sculpture : « Sa lumière blanche lavée de la pourpre sanglante de l’action et de la passion, révèle, non point ce qui est accidentel dans l’homme, mais ce qui est divin en lui, ce qui contraste avec son agitation continuelle. »

    Peut-être la marionnette redeviendra-t-elle quelque jour le médium fidèle de la belle pensée de l’artiste? Et le jour approche qui nous ramènera le pupazzi, créature symbolique façonnée par le génie de l’artiste, et où nous retrouverons « la noble convention » dont parle l’historien grec ? Nous ne serons plus alors à la merci de ces aveux de faiblesse qui trahissent sans cesse les acteurs et éveillent à leur tour chez les spectateurs des faiblesses pareilles. Dans ce but, il faut nous appliquer à reconstruire ces images, et non contents des pupazzi, il nous faut créer une sur-marionnette.

    Celle-ci ne rivalisera pas avec la vie, mais ira au-delà ; elle ne figurera pas le corps de chair et d’os, mais le corps en état d’extase, et tandis qu’émanera d’elle un esprit vivant, elle se revêtira d’une beauté de mort. Ce mot de mort vient naturellement sous la plume par rapprochement avec le mot de vie dont se réclament sans cesse les réalistes.

    L’artiste étant par définition celui qui perçoit davantage que ceux qui l’entourent, et qui exprime plus qu’il n’a vu. Et parmi les artistes, ce n’était pas le moindre que l’ordonnateur des cérémonies, le créateur de visions, ministre dont l’office de célébrer l’esprit qui présidait à la cité – l’esprit du Mouvement.

    Vous comprenez maintenant ce qui m’a fait aimer et apprécier ce que de nos jours on nomme « marionnette » - ce qui m’a fait détester ce qu’on nomme « le réalisme dans l’Art ? »

    Je souhaite ardemment le retour de cette image au Théâtre, de cette sur-marionnette. Que ce symbole revienne, et sitôt apparu il gagnera si bien les cœurs, que nous verrons renaître l’antique joie des cérémonies, la célébration de la Création, l’hymne à la vie, la divine et heureuse invocation à la Mort. »

    La sur-marionnette Gordon Craig


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    Février 1890 

    Cher Monsieur Aurier,

    Merci beaucoup de votre article dans le Mercure de France, lequel m’a beaucoup surpris. Je l’aime beaucoup comme oeuvre d’art en soi, je trouve que vous faites de la couleur avec vos paroles ; enfin dans votre article je retrouve mes toiles mais meilleures qu’elles ne le sont en réalité, plus riches, plus significatives. Pourtant je me sens mal à l’aise lorsque je songe que plutôt qu’à moi ce que vous dites reviendrait à d’autres. Par exemple à Monticelli surtout. [...] Ensuite je dois beaucoup à Paul Gauguin avec lequel j’ai travaillé durant quelques mois à Arles et que d’ailleurs je connaissais déjà à Paris.

                        

    peinture,van gogh,saint-rémy

      Au prochain envoi que je ferai à mon frère  j’ajouterai une étude de cyprès pour vous  si vous voulez bien me faire le plaisir de  l’accepter en souvenir de votre article. J’y  travaille encore dans ce moment, désirant  y mettre une figurine.

     Le cyprès est si caractéristique au paysage  de Provence. Jusqu’à présent je n’ai pas pu  les faire comme je le sens ; les émotions  qui me prennent devant la nature vont    chez moi jusqu’à l’évanouissement et alors  il en résulte une quinzaine de jours  pendant lesquels je suis incapable de    travailler. Pourtant, avant de partir d’ici, je  compte encore une fois revenir à la charge  pour attaquer les cyprès. L’étude que je  vous ai destinée en représente un groupe  au coin d’un champ de blé par une journée  de mistral d’été. C’est donc la note d’un  certain noir enveloppé dans du bleu  mouvant par le grand air qui circule, et,  opposition faite à la note noire, le vermillon  des coquelicots.

     

     Vincent Van Gogh – Cyprès avec deux figures de femmes, juin 1889, Kröller-Müller Museum, Otterlo  


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  • Voici la première vraie critique de l'oeuvre de Vincent van Gogh, écrite du vivant de l'artiste, par Gabriel-Albert Aurier : « Les Isolés, Vincent van Gogh », Mercure de France, t. I, n° 1, janvier 1890, p. 24-29.

    "Les isolés, Vincent van Gogh" - G-Albert Aurier
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    LES ISOLÉS 

    VINCENT VAN GOGH


     Et voilà que, tout à coup, dès là rentrée dans l'ignoble tohubohu boueux de la rue sale et de la laide vie réelle, éparpillées, chantèrent, malgré moi, ces bribes de vers en ma mémoire :


       L'enivrante monotonie 
       Du métal, du marbre, et de l'eau.... 
       Et tout, même la couleur noire, 
       Semblait fourbi, clair, irisé ; 
       Le liquide enchâssait sa gloire 
       Dans le rayon cristallisé.... 
       Et des cataractes pesantes 
       Comme des rideaux de cristal 
       Se suspendaient, éblouissantes, 
       À des murailles de métal....


     Sous des ciels, tantôt taillés dans l'éblouissement des saphirs ou des turquoises, tantôt pétris de je ne sais quels soufres infernaux, chauds, délétères et aveuglants ; sous des ciels pareils à des coulées de métaux et de cristaux en fusion, où, parfois, s'étalent, irradiés, de torrides disques solaires ; sous l'incessant et formidable ruissellement de toutes les lumières possibles ; dans des atmosphères lourdes, flambantes, cuisantes, qui semblent s'exhaler de fantastiques fournaises où se volatiliseraient des ors et des diamants et des gemmes singulières — c'est l'étalement inquiétant, troubleur, d'une étrange nature, à la fois vraiment vraie et quasiment supranaturelle, d'une nature excessive où tout, êtres et choses, ombres et lumières, formes et couleurs, se cabre, se dresse en une volonté rageuse de hurler son essentielle et propre chanson, sur le timbre le plus intense, le plus farouchement suraigu ; ce sont des arbres, tordus ainsi que des géants en bataille, proclamant du geste de leurs noueux bras qui menacent et du tragique envolement de leurs vertes crinières, leur puissance indomptable, l'orgueil de leur musculature, leur sève chaude comme du sang, leur éternel défi à l'ouragan, à la foudre, à la nature méchante ; ce sont des cyprès dressant leurs cauchemardantes silhouettes de flammes, qui seraient noires ; des montagnes arquant des dos de mammouths ou de rhinocéros ; des vergers blancs et roses et blonds, comme d'idéaux rêves de vierges ; des maisons accroupies, se contorsionnant passionnément ainsi que des êtres qui jouissent, qui souffrent, qui pensent ; des pierres, des terrains, des broussailles, des gazons, des jardins, des rivières qu'on dirait sculptés en d'inconnus minéraux, polis, miroitants, irisés, féeriques ; ce sont de flamboyants paysages qui paraissent l'ébullition de multicolores émaux dans quelque diabolique creuset d'alchimiste, des frondaisons qu'on dirait de bronze antique, de cuivre neuf, de verre filé ; des parterres de fleurs qui sont moins des fleurs que de richissimes joailleries faites de rubis, d'agates, d'onyx, d'émeraudes, de corindons, de chrysobérils, d'améthistes et de calcédoines ; c'est l'universelle et folle et aveuglante coruscation des choses ; c'est la matière, c'est la nature tout entière tordue frénétiquement, paroxysée, montée aux combles de l'exacerbation ; c'est la forme devenant le cauchemar, la couleur devenant flammes, laves et pierreries, la lumière se faisant incendie, la vie, fièvre chaude.

    ***


     Telle, et non point exagérée, bien qu'on puisse penser, l'impression que laisse en la rétine le premier regarder des œuvres étranges, intensives et fiévreuses de Vincent Van Gogh, ce compatriote et non indigne descendant des Vieux maîtres de Hollande. 
     Oh ! combien loin nous sommes — n'est-ce pas ? — du beau grand art ancien, très sain et très pondéré, des Pays-Bas ! Combien loin des Gérard Dow, dés Albert Cuyp, des Terburg, des Metzu, des Peter de Hooghe, des Van der Meer, des Van der Heyden et de leurs toiles charmeuses, un peu bourgeoises, tant patiemment soignées ; tant flegmatiquement léchées, tant scrupuleusement minutieuses ! Combien loin des beaux paysages, si sobres, si pondérés, si enveloppés toujours de douces, et grises, et indécises vapeurs, des Van der Heyden, des Berghem, des Van Ostade, des Potter, des Van Goyen, des Ruysdaël, des Hobbema ! Combien loin de l'un peu froide élégance, des Wouwersmans, de l'éternelle chandelle de Schalken, de la timide myopie, des fins pinceaux et de la loupe du bon Pierre Slingelandt ! Combien loin des délicates couleurs toujours un peu nuageuses et brumeuses des Pays du Nord et des inlassables pignochements de ces bien portants artistes, de là-bas et d'autrefois, qui peignaient « dans leur poêle » l'esprit très calme, les pieds chauds et la panse pleine de bière, et combien loin de cet art très honnête, très consciencieux, très scrupuleux, très protestant, très républicain, très génialement banal de ces incomparables vieux maîtres qui avaient le seul tort - si ce fut un tort pour eux - d'être tous pères de famille et bourgmestres !... 
     Et pourtant, qu'on ne s'y trompe pas, Vincent Van Gogh n'est point tant en dehors de sa race. Il a subi les inéluctables lois ataviques. Il est bien et dûment Hollandais, de la sublime lignée de Franz Halz. 
     Et d'abord, en effet, comme tous ses illustres compatriotes, c'est un réaliste, un réaliste dans toute la force du terme. Ars est homoadditus naturæa dit le chancelier Bacon, et M. Émile Zola a défini le naturalisme « la nature vue à travers un tempérament ». Or, c'est cet homo additus c'est cet « à travers un tempérament », c'est ce moulage de l'objectif, toujours un, dans des subjectifs, toujours divers, qui compliquent 1a question, et suppriment la possibilité de tout irréfragable critérium des degrés de sincérité de l'artiste. Le critique en est donc fatalement réduit, pour cette détermination, à des inductions plus ou moins hypothétiques, mais toujours contestables. Néanmoins, j'estime que, dans le cas de Vincent Van Gogh, malgré la parfois déroutante étrangeté de ses œuvres, il est difficile, pour qui veut être impartial et pour qui sait regarder, de nier ou de contester la véracité naïve de son art, l'ingénuité de sa vision. Indépendamment, en effet, de cet indéfinissable parfum de bonne foi et de vraiment-vu qu'exhalent tous ses tableaux, le choix des sujets, le rapport constant des plus excessives notes, la conscience d'étude des caractères, la continuelle recherche du signe essentiel de chaque chose, mille significatifs détails nous affirment irrécusablement sa profonde et presqu'enfantine sincérité, son grand amour de la nature et du vrai - son vrai, à lui. 
     Il nous est donc permis, ceci admis, de légitimement induire des œuvres même de Vincent Van Gogh, à son tempérament d'homme, ou plutôt d'artiste — induction qu'il me serait possible, si je le voulais, de corroborer par des faits biographiques. Ce qui particularise son œuvre entière, c'est l'excès, l'excès en la force, l'excès en la nervosité, la violence en l'expression. Dans sa catégorique affirmation du caractère des choses, dans sa souvent téméraire simplification des formes, dans son insolence à fixer le soleil face à face, dans la fougue véhémente de son dessin et de sa couleur, jusque dans les moindres particularités de sa technique, se révèle un puissant, un mâle, un oseur, très souvent brutal et parfois ingénûment délicat. Et, de plus, cela se devine, aux outrances quasiment orgiaques de tout ce qu'il a peint, c'est un exalté, ennemi des sobriétés bourgeoises et des minuties, une sorte de géant ivre, plus apte à des remuements de montagnes qu'à manier des bibelots d'étagères, un cerveau en ébullition, déversant sa lave dans tous les ravins de l'art, irrésistiblement, un terrible et affolé génie, sublime souvent, grotesque quelquefois, toujours relevant presque de la pathologie. Enfin, et surtout, c'est un hyperesthésique, nettement symptômatisé, percevant avec des intensités anormales, peut-être même, douloureuses, les imperceptibles et secrets caractères des lignes et des formes, mais plus encore les couleurs, les lumières ; les nuances invisibles aux prunelles saines, les magiques irisations des ombres. Et voila pourquoi son réalisme, à lui, le névrôsé, et voilà pourquoi sa sincérité et sa vérité sont si différents du réalisme, de la sincérité et de la vérité de ces grands petits bourgeois de Hollande, si sains de corps, eux, si bien équilibrés d'âme, qui furent ses ancêtres et ses maîtres.

    ***


     Au reste ; ce respect et cet amour de la réalité des choses ne suffisent point, seuls, à expliquer et à caractériser l'art profond, complexe, très-à-part, de Vincent Van Gogh. Sans doute, comme tous les peintres de sa race, il est très conscient de la matière, de son importance et de sa beauté, mais aussi, le plus souvent, cette enchanteresse matière, il ne la considère que comme une sorte de merveilleux langage destiné à traduire l'Idée. C'est, presque toujours, un symboliste. Non point, je le sais, un symboliste à la manière des primitifs italiens, ces mystiques qui éprouvaient à peine le besoin de désimmatérialiser leurs rêves, mais un symboliste sentant la continuelle nécessité de revêtir ses idées de formes précises, pondérables, tangibles, d'enveloppes intensément charnelles et matérielles. Dans presque toutes ses toiles, sous cette enveloppe morphique, sous cette chair très chair, sous cette matière très matière, gît, pour l'esprit qui sait l'y voir, une pensée, une Idée, et cette Idée, essentiel substratum de l'œuvre, en est, en même temps, la cause efficiente et finale. Quant aux brillantes et éclatantes symphonies de couleurs et de lignes, quelle que soit leur importance pour le peintre, elles ne sont dans son travail que de simples moyens expressifs, que de simples procédés de symbolisation. Si l'on refusait, en effet, d'admettre sous cet art naturaliste l'existence de ces tendances idéalistes, une grande part de l'œuvre que nous étudions demeurerait fort incompréhensible. Comment expliquerait-on, par exemple, le Semeur, cet auguste et troublant semeur, ce rustre au front brutement génial, ressemblant parfois et lointainement à l'artiste lui-même, dont la silhouette, le geste et le travail ont toujours obsédé Vincent Van Gogh, et qu'il peignit et repeignit si souvent, tantôt sons des ciels rubescents, de couchant, tantôt dans la poudre d'or des midis embrasés, si l'on ne veut songer à cette idée fixe qui hante sa cervelle de l'actuelle nécessité de la venue d'un homme, d'un messie, semeur de vérité, qui régénèrerait la décrépitude de notre art et peut-être de notre imbécile et industrialiste société ? Et aussi cette obsédante passion pour le disque solaire, qu'il aime à faire rutiler dans l'embrasement de ses ciels et, en même temps, pour cet autre soleil, pour cet astre végétal, le somptueux tournesol, qu'il répète, sans se lasser, en monomane, comment l'expliquer si l'on refuse d'admettre sa persistante préoccupation de quelque vague et glorieuse allégorie héliomythique ?

    ***


     Vincent Van Gogh, en effet, n'est pas seulement un grand peintre, enthousiaste de son art, de sa palette et de la nature, c'est encore un rêveur, un croyant exalté, un dévoreur de belles utopies, vivant d'idées et de songes. 
     Longtemps, il s'est complu à imaginer une rénovation d'art, possible par un déplacement de civilisation : un art des régions tropicales ; les peuples réclamant impérieusement des œuvres correspondant aux nouveaux milieux habités ; les peintres se trouvant face à face avec une nature jusqu'alors inconnue, formidablement lumineuse, s'avouant enfin l'impuissance des vieux trucs d'école, et se mettant à chercher, naïvement, la candide traduction de toutes ces neuves sensations !.. N'eût-il pas été, en effet, lui, l'intense et fantastique coloriste broyeur d'ors et de pierreries, le très digne peintre, plutôt que les Guillaumet, que les fadasses Fromentin et que les boueux Gérôme, de ces pays des resplendissances, des fulgurants soleils et des couleurs qui aveuglent ?... 
     Puis, comme conséquence de cette conviction du besoin de tout recommencer en art, il eut et longtemps il caressa l'idée d'inventer une peinture très simple, populaire, quasiment enfantine, capable d'émouvoir les humbles qui ne raffinent point et d'être comprise par les plus naïfs des pauvres d'esprits. La Berceuse, cette gigantesque et géniale image d'Épinal, qu'il a répétée, avec de curieuses variantes, plusieurs fois, le portrait du flegmatique et indescriptiblement jubilant Employé des postes, le Pont-levis, si crûment lumineux et si exquisément banal, l'ingénue Fillette à la rosele Zouavela Provençale, indiquent, avec la plus grande netteté, cette tendance vers la simplification de l'art, qu'on retrouve d'ailleurs, plus ou moins, dans tout son œuvre et qui ne me paraît point si absurde ni si mésestimable en ces temps de complication à outrance, de myopie et de maladroite analyse.

    ***


     Toutes ces théories, toutes ces espérances de Vincent Van Gogh sont-elles pratiques ? Ne sont-elles point de vaines et belles chimères ? Qui le sait ? En tous cas, je n'ai point à l'examiner ici. Il me suffira, pour terminer d'à peu près caractériser ce curieux esprit si en dehors de tous banaux sentiers, de dire quelques mots sur sa technique. 
     Le côté externe et matériel de sa peinture est en absolue corrélation avec son tempérament d'artiste. Dans toutes ses œuvres, l'exécution est vigoureuse, exaltée, brutale, intensive. Son dessin, rageur, puissant, souvent maladroit et quelque peu lourd, exagère le caractère, simplifie, saute en maître, en vainqueur, par dessus le détail, atteint la magistrale synthèse, le grand style quelquefois, mais non point toujours. 
     Sa couleur, nous la connaissons déjà. Elle est invraisemblablement éblouissante. Il est, que je sache, le seul peintre qui perçoive le chromatisme des choses avec cette intensité, avec cette qualité métallique, gemmique. Ses recherches de colorations d'ombres, d'influences de tons sur tons, de pleins ensoleillements sont des plus curieuses. Il ne sait pas toujours éviter, pourtant, certaines crudités désagréables, certaines inharmonies, certaines dissonances... Quant à sa facture proprement dite, à ses immédiats procédés d'enluminer la toile, ils sont, ainsi que tout le reste de ce qui est lui, fougueux, très puissants et très nerveux. Sa brosse opère par énormes empâtements de tons très purs, par trainées incurvées, rompues de touches rectilignes..., par entassements, parfois maladroits, d'une très rutilante maçonnerie, et tout cela donne à certaines de ses toiles l'apparence solide d'éblouissantes murailles faites de cristaux et de soleil.

    ***


     Ce robuste et vrai artiste, très de race, aux mains brutales de géant, aux nervosités de femme hystérique, à l'âme d'illuminé, si original et si à-part au milieu de notre piteux art d'aujourd'hui, connaitra-t-il un jour — tout est possible — les joies de la réhabilitation, les cajoleries repenties de la vogue ? Peut-être. Mais quoi qu'il arrive, quand bien même la mode viendrait de payer ses toiles - ce qui est peu probable — au prix des petites infamies de M. Meissonnier, je ne pense pas que beaucoup de sincérité puisse jamais entrer en cette tardive admiration du gros public. Vincent Van Gogh est, à la fois, trop simple et trop subtil pour l'esprit-bourgeois contemporain. Il ne sera jamais pleinement compris que de ses frères, les artistes très artistes... et des heureux du petit peuple, du tout petit peuple, qui auront, par hasard, échappé aux bienfaisants enseignements de la Laïque !...


    G. Albert Aurier


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  • Leçons de Milan - Tadeusz Kantor
    L'ESPACE
    L'UR-MATIERE
    Je suis fasciné par l'idée et la supposition, peut-être mystique ou utopique, que dans chaque œuvre d'art existe une Ur-matière indépendante de l'artiste, qui prend forme seule et dans laquelle vit toute une infinité des variantes possibles de la vie. Cela ne diminue pas la part de l'artiste dans la création de l’œuvre, ni ne diminue son imagination. 
    Bien au contraire ! Cela dirige uniquement ses dons dans une juste direction. La bonne.
    Il me semble que c'est justement dans cette couche profonde du processus de la création que naît l'existence autonome du tableau.

    Je crois en cette SIMULTANEITE et cette EQUIVALENCE de mon action individuelle et de celle de la MATIERE ORIGINELLE. Cette "unité" reste cependant le mystère inexpliqué de la création. 

    L'ESPACE
    Cette UR-MATIERE est l'espace !
    Je sens comme il pulse.
    L'espace qui n'a ni point d'appui ni frontière,
    qui avec une égale vitesse s'éloigne et fuit,
    ou s'approche
    de tous côtés, sur les bords et au milieu,
    s'élève vers le haut, tombe dans les profondeurs,
    vire sur un axe vertical, horizontal, oblique....
    ne craint pas de pénétrer dans l'enceinte d'une forme close,
    de la secouer de demi-tours brutaux,
    lui ôtant son apparence quotidienne..
    Les personnages, les objets deviennent des fonctions de l'espace
    et ses péripéties
    ..l'espace n'est pas un récipient neutre,
    dans lequel nous mélangeons les objets, les formes...
    L'espace est lui-même OBJET (de création)
    L'ESPACE chargé d'ENERGIE.
    L'ESPACE qui se rétrécit et s'étire
    Ce sont ces mouvements qui façonnent les formes et les objets.
    L'espace GÉNÈRE les formes ! 
    L'ESPACE conditionne les rapports entre les formes et leurs TENSIONS.
    LA TENSION est l'acteur principal de l'espace.
    MULTI-ESPACE...
    L'obtenir est au fond enfantin.
    Cela exige cependant l'intervention constante d'une volonté aux brusques changements.

    Etc Etc Etc


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  • -          Oskar Schlemmer –

    Texte publié dans Die Bühne im Bauhaus, Munich 1925. Publié en français dans théâtre et abstraction, 1978

     il ne reste à l’artiste que ces trois possibilités à l’égard de la scène :

     C’est ainsi qu’aujourd’hui, il ne reste à l’artiste que ces trois possibilités à l’égard de la scène :

    Ou il cherche la réalisation au sein des données actuelles. Cela veut dire la coopération avec la forme actuelle du théâtre ; ce sont les « mises en scène » où il se met lui-même au service de l’auteur et de l’acteur afin de donner à leur travail la forme optique appropriée. C’est un coup de chance si ses intentions coïncident avec celle de l’auteur.

    Ou bien il cherche la réalisation avec un maximum de liberté. Cette liberté se situe pour lui dans les domaines du théâtre qui sont essentiellement visuels, d’où l’auteur et l’acteur se retirent en faveur de l’optique, ou bien ne parviennent à leur effet que par l’optique : le ballet, la pantomime, le théâtre musical ; mais elle se trouve aussi dans ces domaines, indépendants de l’auteur et de l’acteur, qui sont ceux du jeu anonyme ou mécanique de la forme, de la couleur et des figures.

    Ou bien il s’isole complètement du théâtre actuel et jette son ancre au loin, dans la mer de l’imagination et des possibles les plus lointains. Alors ses projets demeurent papiers et modèles, matériaux pour conférences et expositions sur l’art de la scène. Ses plans sombrent devant l’impossibilité de leur réalisation.  En fin de compte, c’est sans importance pour lui ; l’idée est démontrée et a réalisation de cette idée n’est qu’une question de temps, de facteurs matériels et de technique. Elle commence avec la construction du nouveau théâtre (Bühnenhaus) de verre de métal, et avec les inventions de demain.

    Mais elle commence aussi avec la transformation intérieure de l’homme spectateur, alpha et oméga des conditions de tout acte artistique qui, même dans sa réalisation, est condamné à rester une utopie aussi longtemps qu’il ne rencontrera pas la disponibilité intellectuelle. 


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  • Extrait du texte paru dans les Cahiers Artaud n°1

    240 pages                                          http://issuu.com/lescahiers/docs/cahiersartaud1
    16,5x24 cm
    35 euros

    Ouvrage disponible en librairie.
    Commande électronique sur le site :
    www.editionslescahiers.fr

     

     

    Je t’ai mis mon cœur dans ton corps pour que tu te souviennes de ce que tu as oublié.    par Virginie Di Ricci

     

     «Cela veut dire que quand je joue mon cri a cessé de tourner sur lui-même, mais qu’il éveille son double de sources dans les murailles du souterrain. Et ce double est plus qu’un écho, il est le souvenir d’un langage dont le Théâtre a perdu le secret»[1].

     

    N’en déplaise aux tenants du miraculeux commencement grec, dans l’Egypte ancienne le théâtre existait. Il était joué devant les temples par des mimes/acteurs. Il se jouait dans la conception de la mort comme passage à son Ka. Le Ka c’est le double du moi – moi le mort. Il vit sur le plan magnétique. Il a un aspect transindividuel. Or il est mortel. Pour échapper à la seconde mort et entendre le Ka dire : «je suis vivant», les égyptiens opéraient la momification du cadavre et pratiquaient l’ouverture de la bouche de la momie. Passer à son ka nécessitait du moi qu’il se dégage de son ombre maléfique laquelle si elle était trop chargée pouvait l’entraîner dans les mondes souterrains. C’était le cas des criminels et pour d’autres raisons des suicidés. . .

     

    O vio loto o théthé[2]

    .................................

     

     


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  • Coucher de soleil à Montmajour - Van Gogh 1888

    Coucher de soleil à Montmajour - Van Gogh 1888

     

     

    "..C'est drôle qu'un de ces soirs-ci à Mont Majour j'ai vu un soleil couchant rouge, qui envoyait des rayons dans les troncs et feuillages de pins enracinés dans un amas de rochers, colorant d'orangé feu les troncs et les feuillages, tandis que d'autres pins sur des plans plus reculés, se dessinaient bleu de Prusse sur un ciel bleu vert tendre, céruléen. C'est donc l'effet de ce Claude Monet, c'était superbe. Le sable blanc et les gisements de rochers blancs sous les arbres prenaient des teintes bleues. Ce que je voudrais faire, c'est le panorama dont tu as les premiers dessins. C'est d'un large, et puis ça ne s'en va pas dans le gris, cela reste vert jusque dans la dernière ligne - bleue celle-là, la rangée de collines."...

    extrait de Lettre de Vincent à Théo 29 mai 1888

     

    "Hier j’étais au soleil couchant dans une bruyère pierreuse où croissent des chênes tres petits et tordus, dans le fond une ruine sur la colline et dans le vallon du blé. C’était romantique, on ne peut davantage, à la Monticelli, le soleil versait des rayons très jaunes sur les buissons et le terrain, absolument une pluie d’or. Et toutes les lignes etaient belles, l’ensemble d’une noblesse charmante. On n’aurait pas du tout été surpris de voir surgir soudainement des cavaliers et des dames revenant d’une chasse au faucon ou d’entendre la voix d’un vieux troubadour Provençal. Les terrains semblaient violets, les lointains bleus.    J’en ai rapporté une étude d’ailleurs mais qui reste bien en dessous de ce que j’avais voulu faire."

    extrait de Lettre de Vincent à Théo 5 juillet 1888


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  • Carmelo Bene J'ai toujours "ôté" de scène le pantin Pinocchio, le cauchemar d'un morceau de bois qu'on s'obstine à vouloir farcir de viande pourrie : tomber dans l'humain, c'est ça la véritable mésaventure. Nous sommes gravement malades, par définition : moi, je suis parti, et à jamais, le jour de mes débuts, à dix-neuf ans, dans le Caligula ; je me suis barré, je ne sais pas où, dans quel monde, quel non-lieu. Dans mon cas, la question est planétaire, puisqu'elle concerne la surdité de toute une planète qui s'entête à rester dans la représentation. J'ai détruit tout le théâtre de représentation, j'ai miné toutes les formes et les langages possibles; les identités et les rôles de la dramaturgie faite en amont du théâtre. Les "triomphes" qu'on me fait ne sont que des équivoques qui veulent normaliser le paradoxe, pour se rassurer. Ils représentent le culot social qui se donne l'illusion de pouvoir reconnaître l'inconnaissable. Mieux vaudrait un public d'analphabètes, mais les analphabètes ne sont pas assez corrompus pour aller au théâtre. Les millénaires passent, et le monde se comporte comme si Saussure, Lacan, Bacon, Artaud n'avaient jamais existé. On doit aller au théâtre pour hurler, pour pleurer, mais personne ne le fait ; la vérité c'est que les temps désormais sont mûrs pour que le théâtre soit aboli. Quant à moi, j'ai vérifié dans la pratique une série d'élucubrations impossibles, j'ai exaucé les voeux de Baudelaire qui invoquait l'amplification au théâtre et d'Artaud qui théorisait l'irreprésentable. [...] Tout doit être ôté de la scène, il ne peut pas être question de dialogue, ni de monologue, parce que le monologue est un dialogue avec soi : il n'y a que des équivoques. Le concept de texte n'a jamais été éclairci, si bien que le terme  "dramaturge" est encore attribué à l'auteur du texte ; j'ai toujours été très clair sur cette impossibilité, et même sur l'impossibilité de l'écriture de scène qui risque d'être une textualité de la scène et donc une mainmise patronale sur la scène. Pourtant on n'arrête pas de reculer en redonnant au dramaturge la dramaturgie, le pouvoir du texte : j'ai renié cette écriture là et je l'ai changée en ce que j'ai appelé la machine actoriale.[...] Je ne veux pas être confiné dans un genre : le théâtre est un non-lieu, c'est le noir, il doit être dans le noir. Un théatre doit être intémoignable, en tant que non-lieu il n'est pas dans l'histoire. [...] J'éprouve une vraie répulsion pour tout ce qui parle de transcendance, tout ce qui est métaphysique, ce qui sent Dieu, ou l'ailleurs, ou le visage de l'autre, tant et si bien que je vis isolé, je vis en moine. Je ne cherche pas le théâtre, et même quand je suis sur scène je ne sais pas si j'y suis vraiment, je ne trouve personne qui ait jamais posé ces questions, même pas dans la théorie, même pas chez Artaud. Le théâtre doit être le noir, ce n'est que le noir, le non-lieu par excellence. Peu importe où on le fait.

    CARMELO BENE

    Texte étalbli par JP Manganaro

    Carmelo Bene


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    01. Koinos Kosmos - Encre sur Ingres 50x65cm - JM Musial 2013

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    02. Primitif - Encre sur papier acquarelle 25x35cm - JM Musial 2013

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    04. S'isoler de l'esprit du temps - Encre sur Ingres 50x65cm - Jm Musial 2013

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    05. Croquis - Encre sur 25x19cm - Jm Musial 2013

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    06. De l'île sonnante - Encre sur feuille de lin 50x65cm - Jm Musial 2013

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    07. Portrait gratté - Encre sur papier acqaurelle 25x32cm - Jm Musial 2013

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    08. Ebullition - Encre sur Ingres 50 x65cm - JM Musial 2013

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    09. Heure du loup - Encre sur Papier glacé 40x60cm - Jm Musial 2013

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    10. Sans titre - Encre sur créa 50x65cm - Jm Musial 2013

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    11. Sans titre - Encre sur créa 50x65cm - JM Musial 2013

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    12.Inspiration polonaise - Encre sur Ingres 50x65cm - Jm Musial 2013

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    13. Hallucination Sphinge - Encre sépia sur canson 60x80cm - Jm Musial 2011

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    14. The man who sells his shadow - Encre sur créa 50x65cm - JM Musial 2013

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    15. Jünger 1918 - Encre sur créa 50x65cm - JM Musial 2013

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    16. Mania anti-gouvernementalis - Encre sur créa 50x65cm - Jm Musial 2013

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    17. Nô - Encre sur créa 50x65cm - Jm Musial 2013

    Collection particulière

     

     

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    18. Porte occulte - Encre sur papier acquarelle Arches 23x31cm - Jm Musial 2013

    250 euros

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    19. Le dessein du livre de métaphysique d'Al-Farabi - Encre sur créa 50x65cm - Jm Musial 2013

    450 euros

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    20. Opéra - Encre sur créa 50x65cm - Jm Musial 2013

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    21. Nuit de Walpurgis (D'après Goya) - Encre noire, sépia et ambre sur Esquisse 40x60cm - JM Musial

    250 euros

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    22. "Homoncule" - Encre noire sur Esquisse 29x42 cm - JM Musial 2013

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    23. H - Encre noire sur Esquisse 40x60cm - JM Musial

    250 euros

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    24. Il se retourne dans sa peau -  Encre sur Ingres 50x65cm - JM Musial 2013

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    25.  L'étourdi  - Encre noire sur Créa 50x65cm - JM Musial 2013

    450 euros

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    26. Le monde n'a pas de coeur - Encre noire sur Créa 50x65cm - JM Musial 2013

    450 euros

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    27.Schnittke - Encre noire sur Ingres 50x65cm - JM Musial 2013

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    28. La lucidité est une nudité - Encre sur grand Vélin d'Arches 25x35cm

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    29. Obstinément l'obscurité émerge - Encre noire sur Grand Vélin d'Arches 50x35cm - JM Musial 2013

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    30. Nuit - Encre sur Vinci 50x65cm - Jm Musial

    450 euros

     

    Vente de dessins 2013

     

     

    31. La corde - Encre noire sur Ingres 50x65cm - Jm Musial 2012

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    32. Lac - Encre noire  sur Créa 50x65cm - JM Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    33. Maître François -  Encre noire sur Vinci 50x65cm - Jm Musial

    250 euros

     

    Vente de dessins 2013

     

     

    34. L'horizon d'Aton - Encre noire sur Créa 50x65cm - Jm Musial

    450 euros

     

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    35. Action-drawing - Encre sur Ingres 50x65cm - JM Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    36. Sans titre - Encre noire sur carton Velin 42x42cm - JM Musial

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    37. Attirer les célestes - Encre sur Vinci 65x50cm - JM Musial 2013

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    38. Impatience - Encre sur Ingres 50x65cm - JM Musial

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    39. Lavis et griffes -  Encre et lavis sur Vinci 65x50cm - Jm Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

    40. Sans titre - Encre noire sur Ingres 50x65cm - Jm Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    41. Je suis ton labyrinthe - Encre sur Ingres 50x65cm - Jm Musial

    450 euros

     

    Vente de dessins 2013

     

     

    42.Sans titre - Encre noire sur créa 50x65cm - JM Musial 2013

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    43. Fantômes - Encre noire sur Créa 50x65cm - JM Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    44.Chronos - Encre sur Ingres 50x65cm - Jm Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    45. Histoire de la petite fille - Encre noire sur Vinci 50x65cm - JM Musial

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    46. Sans titre - Encre noire sur Créa 50x65cm - Jm Musial 2012

    450 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    47. Lavis - Jm Musial 2013

    250 euros

    Vente de dessins 2013

     

     

    48. Mutations - Encre sur papier acquarelle 23x31cm - JM Musial 2013

    250 euros

    Vente de dessins 2013


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