• Béatrice Picon-Vallin
    Les nouveaux défis de l'image et du son pour l'acteur
    Vers un « super-acteur » ?
    Article paru dans '"Etudes théâtrales", "L'acteur entre personnage et
    performance", n°. 26, Louvain- la -neuve , 2003.

     

    ..."Parfois c'est le metteur en scène qui filme lui-même les acteurs de son spectacle. Ainsi, dans Calderón de P.P. Pasolini, inspiré de La Vie est un songe dont les thèmes impliquent un jeu avec l'irréel, Jean-Marc Musial est constamment présent sur le plateau de théâtre pour cadrer et capter au plus près les images des comédiens qu'une autre caméra suit également et que la régie diffuse, en les retraitant en direct et en les combinant à des bandes préenregistrées, des incrustations et des effets spéciaux, sur les panneaux-écrans et les moniteurs qui constituent le dispositif scénique. C'est le filmage et ses contraintes qui font naître le jeu théâtral, précis, juste et comme codifié pour entrer dans le cadre. Loin de se sentir dépossédé de son image, l'acteur, conscient de la multitude des interactions qui s'établissent pour que le spectacle advienne, comprend la forme, il la pense et sait se placer et orienter son regard, donnant au metteur en scène qui cadre à vue la rigueur et l'intensité contrôlée de son jeu qu'il considère comme l'exécution d'une partition composée de séquences courtes, élaborées en fonction des différents relais technologiques convoqués. La troupe comporte autant de techniciens que d'acteurs. Le metteur en scène peut indiquer des accents agitant sa caméra à la façon d'un Naim June Paik, renversant l'image, ou la déformant par une très grande proximité, redoutable à affronter pour les comédiens. Ceux-ci dialoguent entre eux à travers leurs images et celles qui ont été fabriquées en même temps que se pensait le spectacle. Enfin, leurs micros sont reliés à une table de synthèse O3D, qui dédouble leur voix, comme si deux êtres parlaient en eux, mais que les comédiens con-sidèrent comme un instrument de musique : ils modulent leur émission vocale et en jouent avant qu'intervienne la modification réalisée par la technique. La dualité du comédien n'existe plus seulement en lui, elle est aussi hors de lui : double visuel, double vocal."....

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                  Musial reprend les armes.

                  Dans  ses dessins un homme cherche à se dresser. Un bras, une main fouillent la mêlée des images. Des profils perdus, des masques antiques, des faces blanches errent au milieu du chaos. Au bout de sa plume naissent des fragments de visages dans leur traîne de comète. L'oeil dur d'un oiseau fixe le regard. Une poussière d'encre soutient une tête trop lourde. Un oeuf roule, échappé de Bosh ou de Dali. Tumulus. Méduses. Grands filets qui s'égarent...Le sommeil de la raison engendre des monstres ? mais non, pas d'image figée.Ni rêve, ni cauchemar. Le motif se disperse. C'est la Chute du cadre ou le Corps renversé. D'une oeuvre à l'autre, la rage d'exprimer  relance le dessin.

                 Le trait va au plus fin. Délicat, il s'effile, il glisse et se perd quelque part, disparu. Sec, il fait croc, bec ou  griffe, et s'ancre dans le soc meurtrier des angles. La plume se dispute avec la tache que jette l'encre, en bandes noires, piètements et grumeaux. Le dessin part en vrille ou en constellations. espèces de ciels piqués de mouchetures.

                Ce sont les écorchés d'aujourd'hui. Le dessin se dessine. Il dessine ses entrailles, étale ses viscères. Il accueille des textes de Sade, de Bataille, de Dupin, pour donner voix aux cris des figures muettes.

                Avec un air espagnol, parfois, dans les grands blancs du papier chauffé par le soleil. L'ombre d'un chevalier fracassé s'éternise. Un débris de rapière. Un fourreau vide. Il y a du panache.

             "Nous retournons à la vie", dit Jean-Marc Musial. Le dessin ne finit pas.

                                                                                 Patrick Wald-Lasowski (Décembre 2008)

     

    Musial reprend les armes, par Patrick Wald-Lasowski

                 Dessin de JM Musial d'après "Guillotinez-moi" de Patrick Wald-Lasowski                                                                         16/20 cm Encre sur papier - 2007


    Patrick Wald Lasowski est professeur de littérature française à l’université Paris VIII- Vincennes-Saint-Denis. Responsable de l’édition en deux volumes des Romanciers libertins du XVIIIe siècle dans la Bibliothèque de la Pléiade (2000 et 2005), il est l’auteur de nombreux ouvrages publiés chez Gallimard, dont Syphilis (1982), Le Traité du transport amoureux (2004), L’Ultime Faveur (2006), Guillotinez-moi (2007), Le Grand Dérèglement (2008), La maison Maupassant (2009), Dictionnaire libertin (2011).





     


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  • Une biographie de Vsevolod Meyerhold :

    http://www.dlptheatre.net/info/Meyerhold/meyerhold.htm

    Biographie de Vsevolod MEYERHOLD "Le plus dangereux pour le théâtre est de servir les goûts bourgeois de la foule. Il ne faut prêter l'oreille à sa voix sous peine de tomber du sommet dans l'abîme. Le théâtre est grand lorsqu'il fait monter la foule à lui, ou s'il ne la fait pas monter, alors au moins  l'attire vers les hauteurs. Si l'on écoute la voix de la foule bourgeoise, on peut très facilement dégringoler. Le désir des hauteurs n'a de raisons d'être que s'il est sans compromis. Il faut se battre coûte que coûte. En avant, toujours en avant ! Tant pis s'il y a des erreurs, tant pis si tout est extraordinaire, criard, passionné jusqu'à l'horreur, désespéré au point de choquer, de faire peur, tout sera mieux qu'une médiocrité dorée. Il ne faut jamais transiger, mais toujours innover, jouer de feux multicolores, nouveaux, jamais vus. Ces feux aveuglent, mais ils se mettent à flamber en vifs brasiers, et nous habituent à leur lumière." Vsevolod Meyerhold, Journal 1901.


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  • Vsevolod Meyerhold Arrestation

    Photo anthropométrique de Meyerhold qui figure dans le dossier n°537.

     

    LETTRE AU PROCUREUR DE L'URSS (13 Décembre 1939)

    AU PROCUREUR DE L'URSS

    le détenu (arrêté le 20 juin 1939) Meyerhold-Raïkh

    Vsevolod Emilievitch (date de naissance 1874, Allemand)

     

                                                               PLAINTE ET DÉCLARATION

    L'instruction de mon affaire n°537 a été close par les services chargés de l'instruction au NKVD d'URSS le 16 novembre 1939 (mais jusqu'à présent ce dossier n'a été transmis à aucun autre service compétent)? J'ai signé la dernière feuille de ce dossier sans réserves, tout comme j'avais signé auparavant sans réserves une série de procés-verbaux, et cela, contre mon honneur.                                                                                                                                                            Mes dépositions sont mensongères. Je me suis calomnié (je me suis diffamé), j'ai calomnié d'autres personnes. De ces aveux mensongers qui m'ont été extorqués (ils ont été obtenus sous la contrainte), JE ME RÉTRACTE.

    Ces dépositions mensongères qui m'ont été extorquées sont la conséquence du fait que, pendant toute la durée de l'instruction, j'ai dû subir, moi, un vieillard de soixante-cinq ans nerveux et malade, des violences physiques et morales que je n'ai pas pu supporter, et je me suis mis à submerger d'inventions monstrueuses mes réponses au juge d'instruction. Je mentais, le juge d'instruction notait, il chargeait encore ces inventions, il dictait lui-même à la secrétaire certaines réponses qu'il donnait à ma place, et  c'est tout cela que j'ai signé. Même lorsque les violences physiques se sont arrêtées et qu'il ne restait plus que les violences morales ("l'attaque psychique"), je n'ai pas osé déclarer auprès des services chargés de l'instruction que je retirais mes signatures au bas des procés-verbaux, cette déclaration, c'est devant vous citoyen-Procureur de l'URSS, que je la fais, parce que la menace d'une reprise des violences physiques mentionnées plus haut est toujours suspendue au-dessus de ma tête ("Si tu mens nous te battrons trois fois plus fort").....

    .................

    Lettres  de Meyerhold Au Procureur de l'URSS

    Document de scéne- Editions CNRS

    Lettre à V. MOLOTOV

    2 Janvier 1940

    Au Président du Conseil des Commissaires  du Peuple de l'URSS

    Viatchlestav Mikhaïlovitch Molotov

    le détenu Meyerhold-Raïk Vsevolod Emilievitch

    (date de naissance 1874, ex-membre du Parti communiste depuis

    1918, nationalité allemande)

     

                                                                  DÉCLARATION

    "Ce que les gens se révèlent être lorsqu'ils ont peur, c'est cela qu'ils sont réellement.La peur c'est un intervalle entre les habitudes de l'homme, et dans cet intervalle, on peut voir sa nature telle qu'elle est."(Leskov).                                                                                                                                Quand les juges d'instruction ont déclenché, contre moi, l'inculpé, leurs méthodes d'intervention physique et qu'ils y ont encore ajouté une "attaque psychique", ces deux choses ont suscité en moi une peur si gigantesque que ma nature s'est découverte jusqu'à ces racines mêmes...                                                                                                                                                                                                                   Mes tissus nerveux sont apparus situés très près de mon enveloppe corporelle, et ma peau s'est révélée aussi tendre et sensible que celle d'un enfant. Mes yeux se sont montrés capables (en présence de cette douleur physique et morale insupportable pour moi) de verser des torrents de larmes. Couché au sol face contre terre, j'ai appris que j'étais capable de me contorsionner, de me tordre de douleur et de hurler comme un chien que son maître bat avec un fouet. ....

    ...

             L'effroi suscite la peur et contraint à l'autodéfense. "La mort (ô, bien sûr), la mort est plus facile que tout cela" se dit l'inculpé en lui-même. C'est ce que je me suis dit moi aussi, et j'ai commencé à me dénoncer moi-même dans l'espoir que ces autocalomnies allaient m'envoyer à l'échaffaud. C'est ce qui s'est passé : sur la dernière page du dossier de l'affaire portant le n°537 close par l'instruction se sont inscrits les terribles chiffres des articles du Code Pénal : 58, alinéas, I1 et II....

    Lettres  de Meyerhold Au Procureur de l'URSS

      -Violaine Pillot- Milczenie crédits photographiques JMMusial -Terribilita                                

                                                                  

                                                                         DÉCLARATION

    (13.I.1940, suite de la déclaration du 2.I.1940, prison des Boutyrki).

    ........Lorsque la faim (je ne pouvais rien avaler), les insomnies (pendant trois mois), les palpitations nocturnes et les accès d'hystérie (je versais des torrents de larmes, je tremblais comme on tremble dans un accès de fièvre chaude) m'ont laissé diminué, tassé, amaigri, vieilli de dix ans, tout cela a effrayé mes juges d'instruction. On s'est mis à me soigner avec zèle (j'étais alors dans une "prison intérieure" qui comportait une bonne unité médicale) et à me forcer à manger. Mais cela n'a eu d'effet qu'extérieur - physique, mes nerfs étaient dans le même état et ma conscience était aussi affaiblie, embrumée, qu'avant, car une épée de Damoclès restait suspendue au-dessus de moi : le juge d'instruction répétait sans cesse et menaçait : "Si tu n'écris pas (ce qui voulait dire - invente, alors !?), nous te frapperons de nouveau, nous ne laisserons intacte que ta tête et ta main droite, et nous ferons du reste un morceau informe, sanguinolent, déchiqueté". J'ai tout signé jusqu'au 16 novembre 1939. Je rétracte ces dépositions qu'on a obtenues par la force et je Vous supplie, Vous, le chef du gouvernement, sauvez-moi, rendez-moi la liberté. J'aime ma patrie, et je suis prêt à lui consacrer toutes les forces des dernières heures de ma vie. "

    Lettres  de Meyerhold Au Procureur de l'URSS

    PROCÉS-VERBAL DES DERNIERES PAROLES DE MEYERHOLD

    Devant le Tribunal du Collège Militaire de la Cour Suprême de l'URSS (1er Février 1940)

    /.../il est étrange qu'un homme âgé de soixante-six ans n'ait pas mis dans sa déposition ce qui était nécessaire à l'instruction et qu'il ait menti sur son propre compte uniquement parce qu'on le rouait de coups avec une matraque en caoutchouc. Il a alors décidé de mentir et de marcher au bûcher. Il n'est coupable de rien. Il n'a jamais été traître à sa patrie. Sa fille est une communiste qu'il a lui-même éduquée. Il pense que le tribunal le comprendra et aura la conviction qu'il n'est pas coupable. Il a commis des erreurs dans le domaine de l'art et il a perdu son collectif social. Il demande au tribunal de prendre en considération le fait que, bien qu'il ait soixante-six ans, il a encore suffisamment d'énergie pour réparer ses fautes là où il s'est trompé et où il a commis des erreurs. Il a écrit ces derniers temps à Lavrenti Pavlovitch, à Viatcheslav Mikhaïlovitch et au Procureur. Il croyait en la "vérité" et pas en dieu, et il y croyait parce que la vérité vaincra/../


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    Actants

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    MILCZENIE ! Expérience d'une gravité

    Mise en scène et réalisation

    Jean-Marc MUSIAL

    Actants

    Stéphanie SKRYPCZAK

    Sylvain SOKOL

    Stéphanie CLIQUENNOIS

    Violaine PILLOT

    Franck ANDRIEUX

    Bouzid BAZI

    Jérémie BIDAULT

    Emmanuelle DUFOUR

    Pierre-Antoine ANDRE

    Lumières

    François PAVOT

    Musique

    Dimitri CHOSTAKOVITCH - String Quartett n°11,n°12,n°15   /     LAÏBACH - Jezero/Der See

    Sound Mix 

    Jean-Marc MUSIAL

    Montage film

    Virginie DI RICCI

    MILCZENIE ! a été créé au Théâtre des Nuits Blanches à Lille en 1993.

    Remerciements à Claude Saint-Paul.

     


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  • Partie 1

    Partie 2


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  • MILCZENIE! (Silence !) tente de prouver concrètement que la voie vers un théâtre libre et autonome, par rapport au texte dit d'art dramatique, est possible; mais surtout que cette découverte permet de renouer des liens imaginaires et concrets (car expérimentés) avec les metteurs en scène qui ont créé l'avènement du théâtre du XXème siècle. Naturellement, Kantor, Grotowski, Craig, Appia, Meyerhold, Taïrov.

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  • La bouillabaisse de formes dans la tour de Babel

    Antonin Artaud Fevrier 1948


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  • ROMA AMOR (Le pouvoir ne se partage pas)

    Conception et Mise en scène

    Jean-Marc Musial et Virginie Di Ricci

     

    Ingénieurs systèmes R&D: Eric Nivel, Vincent Foucke

    Création visuelle : Jean-Marc Musial et Virginie Di Ricci

    Régie Vidéo : Benoit Henon

    Création sonore : Jean-Marc Musial

    Régie Son : Marc Piera

    Lumières : Lionel Simonet

    Cadres directs : François Mathon et Jm Musial

    Scénographie : Jm Musial

    Masques : Virginie Di Ricci et JM musial

    Costumes : Di Ricci et  Julie Z

     

    Le Coryphée/ Drusilla/ Agrippine/Messaline/Poppée..............Virginie Di Ricci

    Germanicus/Sénèque/Asiaticus/Caligula/Néron...................Jean-Marc Musial

    Musicien/Pison/Tibère/Claude.............................................David Bausseron

     

    Production: Terribilita/Attila, Villa Medicis Hors les murs (Rome), Résidence Artiste Maison de la Villette, Festival Sans dessus dessous, La Condition Publique Roubaix, F.E.D.E.R, CNC/Dicream.

    Roma Amor a été créé du 16 au 18 février 2005 à la Condition Publique de Roubaix. 2005.



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    Une  recherche  archéologique et théâtrale menée à Rome pendant 6 mois (Lauréats Villa Medicis hors les murs),  nous a inspiré  ROMA AMOR, théâtre "grottesque" où la pantomime, le masque et la virtualité de la scène répondent à une dramaturgie latine fragmentaire, axée sur l'adage du panégyriste Cornelius TACITE : «LE POUVOIR NE SE PARTAGE PAS. » ("INSOCIABILE REGNUM" - Annales, Livre XIII,17).

     

     

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  •                                       

    CALDERON (La représentation de la représentation)

                                                  Tragédie de Pier Paolo PASOLINI

    Réalisation et mise en scène de Jean-Marc Musial assisté de Virginie DI RICCI

     

    Dramaturgie / Iconographie  :  Virginie Di Ricci et Jm Musial

    Régie Vidéo Directe :   Benoît HENON / Vincent FOUCKE /  Nathalie MENET

    Cadres directs :   François MATHON / JM MUSIAL

    Création sonore : JM MUSIAL / David BAUSSERON

    Régie son : David BAUSSERON/  Philippe DEHASPE

    Lumières : Patrick BOURNY

    Création et Montage vidéo : Virginie DI RICCI / Jean-Marc MUSIAL

    Images 3D : DAVID VINCENT

    Projectionnistes 16mm : Pierre BRIANT / Huguo VERLINDE

     

    BASILIO...................................... Alain MACÉ

    REINE LUPE................................. Célia TORRENS

    ROSAURA................................... Virginie DI RICCI

    STELLA/CARMEN/CARMENCITA.... Françoise BERLANGER

    DONA ASTREA............................ Christime EME

    PABLO/LEUCOS........................... Bruno MARIN

    ENRIQUE/MELAINOS............... .....Bouzid BAZI

    SIGISMOND............................ .....Jean- Marc MUSIAL

    LE PRÊTRE...................................Hugues CHAMART

    MANUEL L'ANTIPSYCHIATRE........Vincent LOGEOT

    LA RELIGIEUSE/AGOSTINA...........Géraldine FRIPPIAT

     

    Coproduction : Laboratoire ATILLA, Le C.R.R.A.V, LE FRESNOY Studio National des Arts Contemporains, LE PHENIX Scène Nationale de Valenciennes , Biennale des Arts Numériques de la VILLETTE.

    CALDERON a été créé au Phénix de Valenciennes les 10 et 11 janvier 2002.


     

     

     

     

     

     


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  • "Messaline" Extrait d'Alfred Jarry (1'47)

    Voix Virginie Di Ricci

    Realisation sonore JM Musial

     

    "Les enfers du monde antique" Extrait de Nietzsche  (1'11)

    Voix JM Musial

    Realisation sonore JM Musial & Di Ricci

     

    "Les lois" Extrait des Annales de TACITE (3'13)

    Voix JM Musial

     

    "Ode à Néron" Extrait de la Pharsale de LUCAIN (3'59)

    Voix Virginie Di Ricci

    réalisation sonre JM Musial

     

     


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  • Production


                                                                                                                                                          ORGIE                                                                                                                                                                                                 Tragédie de Pier Paolo PASOLINI.                                                                                                    

    Traduction : Danièle SALLENAVE

    Scénographie et mise en scène de Jean-Marc MUSIAL.

    Régie Lumières et son  : Frédéric BEAUFORT                                                                                 

    Création son : Franck GUINFOLEAU                                                                                                     Accessoiriste : Caroline GIELCZYNSKI

    FEMME :  Violaine PILLOT
    HOMME : Claude-Bernard PEROT

    FILLE : Stéphanie SKRZYPCZAK
    CHOEUR/RAGAZZI : Stéphanie SKRZYPCZAK, Franck ANDRIEUX,  Bouzid BAZI

    CoProduction : Théâtre du Logos / (La Métaphore) / La Rose des vents

    (Orgie a été créé au théâtre de l'Idéal à Tourcoing du 31 mars au 10 avril 1994).

     


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    Extraits d'Orgie de Pasolini


     

     

     

    Le cercle est tourné vers son centre plein de certitude : le monde est dehors, radieux et indifférent. Et le coeur est déchiré.

     

    Je suis ici, donc : à compter comme unique donnée bonne de ce monde où j'expérimente le fait de vivre.

     
     

     Pier Paolo PASOLINI

     La Divine Mimésis

    Texte Français : Danièle Sallenave


    --------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Orgie

    L'homme :

    Est-ce que la Différence a le droit de demeurer toujours égale à elle-même ?

    De n'être rien d'autre que la mesure du scandale ?

    Ne doit-elle pas plutôt devenir autre scandale ?

    Qu'est-ce donc en somme que la Différence -

    quand elle ne devient pas différente d'elle-même ?

    sinon le terme de la négation de la norme ?

    Et donc une partie de la norme elle-même ?

    Et, chose importante, que doit faire celui qui est Différent ?

    Nègre, Juif, monstre, qu'es-tu donc tenu de faire ?

    Reconstruire la réalité en toi,

    la rendre à nouveau réelle ?

    Avancer, toi, en désobéissant, et faire progresser autant les lois de la norme

    que celles de la Folie ?

     

    ou au contraire...

    peut-être dois-tu l'accepter - l'accepter comme tu l'as trouvée ,

    N'as-tu donc rien d'autre à faire, toi qui est différent, que de te perdre

    pour ainsi te retrouver ?

    Tu dois accepter la Haine raciale

    comme si cette acceptation était ta raison d'être au monde ?

    Peut-être qu'en te privant de sympathie et de droits humains,

    tu pourrais te rendre saint et avec toi le monde ,

    Bah, je n'ai jamais réussi à répondre à ces questions,

    sinon confusément, je le répète, quelques instants avant de me pendre.

                                                                                                                    ORGIE

                                                                                      Pier Paolo PASOLINI

                                                           Texte Français : Danièle Sallenave

     

     -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

     

    Même si la douleur et la honte

    nous ont rendus un peu plus expérimentés

    en ce qui nous concerne, et en ce qui concerne l'innaturalité atroce de ce monde,

    nous sommes toujours comme les autres

    ceux qui utilisent les mots comme des somnambules

    (ou comme des larves sorties de la tombe et étourdies par le soleil).

    Notre chair est une énigme qui s'exprime comme une énigme.

    mais nos mots maintenant, sont de pauvres sons

    qui ne disent rien sinon que la vie recommence.

    CELA NOUS REND FRÈRES DE CEUX QUE NOUS HAÏSSONS.

    DE CEUX QI N'ONT D'AUTRE ESPÉRANCE

    QUE CELLE OÙ ILS VIVENT.

    Mais nous deux, si nous n'étions pas dans la vie

    qui est la nôtre, et si nous n'avions pas réglé

    une cérémonie hypocrite, en nous cachant ici,

    dans une chambre conjugale comme dans une tanière

    - et si nous avions fait secrètement, en faisant

    de nos rapports un spectacle véritable

    quel spectateur ne nous aurait pas compris

    MÊME SI NOUS N'AVONS PAS DIT UN SEUL MOT ?


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  • Être clair ! L'écriture théâtrale de Pier Paolo Pasolini désengorge les situations dites dramatiques et piège le théâtre  dans ce qu'il a de plus accessible : sa théâtralité. Le saisir à cette éloquence beuglante, c'est le perdre, c'est prétendre que l'eau est liquide ou le vent invisible. A-t'on le droit d'acculer le texte de Pasolini à ce que par définition, il ne peut être : un spectacle ?

     

    Sur la mise en scène d'Orgie

     

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  • MODE D'EMPLOI

    Claude-Bernard PEROT- L'Homme d'Orgie de Pier Paolo PASOLINI ms de JM MUSIAL

    ©Photo Fabienne WAXIN

     

    MODE D'EMPLOI

    (à l'usage des spectateurs d'Orgie de P. P. Pasolini)

     

    Apportons, puisqu'il le faut, la preuve concrète d'une solution scénique.

    Cassons le spectacle en laissant éclore l'"à présent".

     

    Il n'y a pas dans ORGIA d'évolution dite "dramatique" au sens où les

    personnages seraient en contact direct avec la réalité par le sens évolutif

    des situations et des conflits contenus dans le texte.

    Car dans ce théâtre de mots, il y a suppression  d'action

    pour mieux réaliser le drame.

     

    IL FAUT DÉTRUIRE.

     

    Surtout si les premiers sens sont le Chaos et le Discours,

    et si les soubassements de l'oeuvre sont la Différence

    et le fascisme ordinaire qui conditionne cette Différence.

     

    Le sentiment d'abstraction qui surgit du texte d'ORGIA

    vient de l'élan créateur, du saut de puce vers l'éternité.

     

    "C'E STATO FINALMENTE UNO CHE HA FATTO BUON USO DELLA MORTE."

     

    La réalité doit s'emparer de l'espace scénique.

     

    C'EST LUI

    qui a cassé le mur pour organiser au mieux son spectacle.

    C'EST LUI

    qui a disposé les meubles en cercle parfait.

    C'EST LUI

    qui a sorti son propre cadavre de la cuisine

    pour mieux se pendre en avant-scène.

    C'EST LUI

    qui a payé quelques spectateurs pour assister à la cérémonie.

    C'EST LUI

    qui peut écrire sur le parterre de la scène

    "JE NE VEUX PAS DE SUCCÈS".

    C'EST LUI

    qui a construit la MACHINE DE SADE,

    gigantesque métronome de la paresthésie.

    C'EST LUI

    qui dirige le son et la lumière.

    C'EST LUI

    qui peint sur les murs de son théâtre :

    "SENTIMENTO TRAGICO DELLA REALTA."

     

    C'EST ELLE

    qui, assise, de dos lui sert de modèle pour éxécuter

    les deux grandes toiles qui sont exposées dans la cuisine.

    C'EST ELLE

    qui, revenue des morts, encore trempée de sa noyade,

    entame un soliloque fiévreux jusqu'au centre de la scène.

    C'EST ELLE

    qui ne pleure jamais.

    C'EST ELLE

    qui tuera ses enfants.

    C'EST ELLE

    qui mourra en premier.

     

    Mais avant, la douleur à jamais;

     

    "AINSI, il y aura finalement un homme qui aura fait un bon usage de la mort."¹

     

    Il aura vécu dans ce lieu pour y bâtir, seul, une tragédie,

    transformer son rêve, dans lequel d'autres ne voyaient

    qu'un caprice de petit-bourgeois, en une cathédrale échaffaudée

    avec ses frères moins humains que lui.

     

    Il aura payer les spectateurs et magnifié toutes les traces

    de la quotidienneté en "ready-made" offert à l'absolu,

    à l'abstraction.

     

    Cette femme, la mythe, Médée, telle une droite invariable

    "tendant  vers" sans jamais atteindre, massacrant la lie de

    son existence, aura erré parmi les restes de notre culpabilité

    d'être au monde et d'exister.

     

    Epreuve d'exorcisme, bien sûr, acceptation totale de leur Différence.

     

    ET S'IL Y A HONTE C'EST POUR JOUIR.

     

    S'IL Y A DES SACRIFICES CE SONT DES PLAISIRS MEURTRIERS

     

    ARRÊTONS LE SIMULACRE !

     

    ACCEPTONS LA VIE :

    L'HOMME EST MAUVAIS ET INDUBITABLEMENT MÉCHANT.

     

    IL N'Y AURA PAS DE RÉVOLUTION TOTALE.


                                                                                                           JM MUSIAL -

    ¹Cit. Pascal

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • ROMA AMOR (Le pouvoir ne se partage pas) Extrait Vidéo Tibère

     

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  • Affiche

    Pour Calderon, tragédie politique  contemporaine en forme de rose, Jean-marc Musial et Virginie Di ricci composent une mise en scène confrontant cinéma 16mm,  théâtre,  vidéo (retransmission en direct, monobandes comme paysage scénographique, incrustations en temps réel) et réalisations 3D pour  une dramaturgie protéiforme et totale.
    Calderon,  palimpseste théâtral de la vie est un songe, a pour situation l’Espagne (de Velasquez à l'après-franquisme).  PASOLINI réécrit le sommeil métaphorique calderonien pour traiter du sens du pouvoir c'est-à-dire,  du rapport intime que chacun entretient avec le pouvoir.

     


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    CALDERON la représentation de la représentation -fermeture de l' Episode 1 par un vers de Dante.

    Dans cet extrait : Françoise Berlanger (Carmen), Virginie Di Ricci (Rosaura)

     

    CALDERON la représentation de la représentation - Episode 7

    Dans cet extrait : Françoise Berlanger (Carmen), Virginie Di Ricci (Rosaura),  Bruno Marin (Pablo/Leucos)

     

    Episode 14 :

    Dans cet extrait : Alain MAcé (Basilio), Géraldine Frippiat (Agostina), Virginie Di Ricci (Rosaura), Bouzid BAzi ( Enrique)

     


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