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    • MARDI 14 Juin 2016 à 19h    

      Fondation Jérôme Seydoux-Pathé 

      73 avenue des Gobelins 75013 Paris

    « Il y a une qualité de la souffrance nerveuse que le plus grand acteur du monde ne peut vivre au cinéma s'il ne l'a un jour réalisée. Et je l'ai réalisée. » Lettre d’Antonin Artaud à Abel Gance du 27 novembre 1927.

    La dernière séance du cycle « Le Grand jeu » se tourne vers une figure d’acteur à la fois sur et sous exposée : Antonin Artaud.

    La carrière d’Artaud acteur de cinéma, de 1923 à 1935, est traversée de fulgurances : révolutionnaire pour Abel Gance, religieux chez Dreyer, soldat désespéré pour Raymond Bernard ou ange-gardien de Fritz Lang.

    Pour cette dernière et singulière séance du « Grand Jeu », Kinétraces invite sur scène Virginie Di Ricci* pour une lecture de textes, lettres et documents d’archives, accompagnant les films : 

    "Faits divers", (1923), Claude Autant-Lara – 20 min
    "Autour de "La Fin du monde", (1930), Eugène Deslaw – 11 min
    "La Chute de la maison Usher", (1928), Jean Epstein – 64 min

    Projection en 35 mm et DCP. Copies provenant du CNC et de la Cinémathèque française.

    Séance accompagnée au piano par Thomas Lavoine, élève de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en collaboration avec le Conservatoire National Supérieur de la Musique et de la Danse de Paris.

    *Virginie Di Ricci est actrice/dramaturge/ monteuse. Elle a co-fondé le laboratoire de recherches et créations scéniques Terribilità. Depuis 1999, elle se confronte régulièrement seule en scène au Van Gogh, le suicidé de la société d'A.A., et propose depuis 2013 des percées vocales sous forme de Conférences/lectures dans les derniers Cahiers d'Ivry parus en 2012. Elle a publié deux textes dans les Cahiers Artaud ; N° 1 (oct 2013) et N°2 (oct 2015)

     

    Extraits : 


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  • Deux présentations en avant-premières de

    "Van Gogh le suicidé de la société" d'Antonin Artaud

     

    ont eu lieu

    à Confluences - Paris 20ème 

    - lundi 6 et mardi 7 janvier 2014 à 19h30  - 

    Manière de mettre à l'épreuve de regards singuliers ce premier jet théâtral

    "dans un monde où on mange chaque jour

    du vagin cuit à la sauce verte". 

     Merci d'être venus 

    Avant-première

    Avant-première van Gogh Confluences Photo Jm Musial -  Scénographie  Confluences janvier 2014.

    -

    Dramaturgie et Jeu :

    Virginie Di Ricci

    Scénographie, Mise en scène, lumière/son/Image, et Régie directe :

    Jean-Marc Musial  

    Production :

    Terribilità

     

     

    Remerciements particuliers :

    Aelters, Hnz Adrzn, Arp Alias, David Bausseron, Louise Bronx, Barbie Rooza, Angela Di Vicenzo, Mirabelle Rousseau, Esther Silber, Seb (DigitalVandal).


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  • SAMEDI 15 FÉVRIER 2014 à 20H

     

    6, rue d'Eupatoria

    Eglise Notre-dame-de-la-Croix de Ménilmontant - 75020

    M° Ménilmontant

     

    Lectures amplifiées - Ménilmontant 2014©Photo Patricia Rousseau

    Lectures amplifiées - Ménilmontant 2014©Photo Jm Musial 

     

     

    LECTURES AMPLIFIÉES

    Création  THEATRE

    Prix : Participation Libre

     

    - Les Chaises - Voix off d'un scénario écrit et lu par Anne Makovski + Geoffroy Laporte guitare électrique - 

     

    Précédé de 

     

    - 3 Lettres à Théo de Vincent van Gogh - et extrait de « Van Gogh, le suicidé de la société »  d'Antonin Artaud par Virginie Di Ricci + son Jean-Marc Musial

                                                                                                                 

     

    « NUL N’A JAMAIS ÉCRIT OU PEINT, SCULPTÉ, MODELÉ, CONSTRUIT, INVENTÉ, QUE POUR SORTIR EN FAIT DE L’ENFER. »             

    Antonin Artaud

     

     

     

     


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  •  VENDREDI 7 MARS 2014 à 19h30

    Ecole Nationale Supérieure d'Art de Bourges 

    7 rue Edouard-Branly 

     

    Lecture de Textes et cahiers d'Ivry d'Antonin Artaud

    par Virginie Di Ricci

     

    Dans le cadre du Théâtre de l'Auto-dévoration,

    cycle proposé par Pacôme Thiellement

    à l'invitation de

     Bandits-Mages

     

     

    O TA FIOLE IRA 

    - Le visage humain-

    O ta fiole ira - Théâtre de l’auto-dévoration #2 from Bandits Mages on Vimeo.

     


    Tête Bleue - Dessin d'Antonin Artaud - 1946

     

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

     

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

     


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    A MÊME LE RITE DE LA DEVORATION DU SOLEIL NOIR

     

    Chère Virginie Di Ricci, 

    Que garde un spectateur après cette magnifique, touchante et très émouvante représentation de ce VINCENT VAN GOGH LE SUICIDE DE LA SOCIETE ?Là où TOUTE L'OEUVRE n'est que la mise en mots, en phrases, en scènes, en signes d'Antonin Artaud par lui-même, corps et être jusqu'au supplice... 

     

    Et bien, je crois, qu'après les vagues d'applaudissements qui clôturent la représentation, commence l'avalement du miracle et de ses fragments propre au théâtre en chacun... une sorte de dévoration des êtres entre eux dans le gouffre de la conscience... 

     

    Et cette  SAINTE COMMUNION a eu lieu ce mardi 7 janvier 2014 dans ce boîtier noir de l'espace de Confluences... 

     

    Là où on a dévoré l'ÊTRE-ACTRICE-ARTAUD-DI RICCI... 

     

    De FILLE DU FEU  en FILLE DE COEUR parmi les rares, les très rares de l'excellence... comme lors de cette apparition d'un corps de lumière incarnée derrière cette plaque vitreuse et oblique qui devient énigme de lumière vraie... ce foudroiement où surgit Virginie Di Ricci  traversée par l'emportement des signes dans cette fusion-bûcher des flammes invisibles qui se métamorphose en ce papillon de fond d'espace agitant ses deux ailes immenses de toile noire fendue dans un instant d'extraordinaire vérité... 

     

    Et donc, comme une étoile apparue qui restera dans la constellation intérieure de chacun...

    José GALDO  le 11 janvier 2014

     http://www.poethique.org/pages/poetes-contemporains/galdo-jose.html

     

    Cher José Galdo,
    Un fragment du miracle fut que vous soyez là,   et que vous m'en restituiez l'impact avec une telle profondeur sensible. Ce qui est lancé - le poème d'Antonin Artaud - et sa déflagration, je n'en suis pas indemne - la dévoration dont vous parlez a bien lieu pour l'acteur aussi. Alors un message de vous apporte un soulagement à cette cruauté d'être soi-même avalé. Apporte un sens secret  à faire du théâtre vrai et invite à ne pas lâcher. Les énigmes de la lumière que vous avez captées sont au cœur de la mise en scène, de l'unité ; là où l'unique, l'acteur, n'est qu'un mal voyant en passe d'aveuglement complet.  

    Amitiés,Virginie Di Ricci

    Réponse-poème de José Galdo

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vincent van Gogh
    Le grand paon de nuit, 1889
    Huile sur toile, 33,5 x 24,5 cm
    Musée Van Gogh, Amsterdam

     


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  • CYCLE SATAN TRISMEGISTE De Pacôme Thiellement

    Mardi 10 Décembre 2013 au Monte-en-l'air à 19h30 :

    SOIREE ARTAUD avec Virginie Di Ricci


    Virginie Di Ricci est actrice, dramaturge et monteuse d'images au coeur de Terribilità. Antonin Artaud, S.I. Witkiewicz, D.A.F. de Sade, Pier Paolo Pasolini, les romains du Ier siècle, Laure et Bataille sont les écritures qu'elle a traversées en scène, une scène toujours à réinventer dans la continuité et l'archéologie de ses grands réformateurs, Craig, Appia, Meyerhold, Kantor et dont Antonin Artaud est l'une des figures les plus obsédantes.

     Au Monte-en-l'air, dans le cadre de la résidence SATAN TRISMEGISTE de Pacôme Thiellement , elle évoquera l'existence d'un théâtre dans l'Egypte ancienne et comment Antonin Artaud en fut l'inventeur (+ Lecture d'extraits des Derniers cahiers d'Ivry).

     

    Création en cours THEATRE

     


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    Février 1890 

    Cher Monsieur Aurier,

    Merci beaucoup de votre article dans le Mercure de France, lequel m’a beaucoup surpris. Je l’aime beaucoup comme oeuvre d’art en soi, je trouve que vous faites de la couleur avec vos paroles ; enfin dans votre article je retrouve mes toiles mais meilleures qu’elles ne le sont en réalité, plus riches, plus significatives. Pourtant je me sens mal à l’aise lorsque je songe que plutôt qu’à moi ce que vous dites reviendrait à d’autres. Par exemple à Monticelli surtout. [...] Ensuite je dois beaucoup à Paul Gauguin avec lequel j’ai travaillé durant quelques mois à Arles et que d’ailleurs je connaissais déjà à Paris.

                        

    peinture,van gogh,saint-rémy

      Au prochain envoi que je ferai à mon frère  j’ajouterai une étude de cyprès pour vous  si vous voulez bien me faire le plaisir de  l’accepter en souvenir de votre article. J’y  travaille encore dans ce moment, désirant  y mettre une figurine.

     Le cyprès est si caractéristique au paysage  de Provence. Jusqu’à présent je n’ai pas pu  les faire comme je le sens ; les émotions  qui me prennent devant la nature vont    chez moi jusqu’à l’évanouissement et alors  il en résulte une quinzaine de jours  pendant lesquels je suis incapable de    travailler. Pourtant, avant de partir d’ici, je  compte encore une fois revenir à la charge  pour attaquer les cyprès. L’étude que je  vous ai destinée en représente un groupe  au coin d’un champ de blé par une journée  de mistral d’été. C’est donc la note d’un  certain noir enveloppé dans du bleu  mouvant par le grand air qui circule, et,  opposition faite à la note noire, le vermillon  des coquelicots.

     

     Vincent Van Gogh – Cyprès avec deux figures de femmes, juin 1889, Kröller-Müller Museum, Otterlo  


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  • Voici la première vraie critique de l'oeuvre de Vincent van Gogh, écrite du vivant de l'artiste, par Gabriel-Albert Aurier : « Les Isolés, Vincent van Gogh », Mercure de France, t. I, n° 1, janvier 1890, p. 24-29.

    "Les isolés, Vincent van Gogh" - G-Albert Aurier
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    LES ISOLÉS 

    VINCENT VAN GOGH


     Et voilà que, tout à coup, dès là rentrée dans l'ignoble tohubohu boueux de la rue sale et de la laide vie réelle, éparpillées, chantèrent, malgré moi, ces bribes de vers en ma mémoire :


       L'enivrante monotonie 
       Du métal, du marbre, et de l'eau.... 
       Et tout, même la couleur noire, 
       Semblait fourbi, clair, irisé ; 
       Le liquide enchâssait sa gloire 
       Dans le rayon cristallisé.... 
       Et des cataractes pesantes 
       Comme des rideaux de cristal 
       Se suspendaient, éblouissantes, 
       À des murailles de métal....


     Sous des ciels, tantôt taillés dans l'éblouissement des saphirs ou des turquoises, tantôt pétris de je ne sais quels soufres infernaux, chauds, délétères et aveuglants ; sous des ciels pareils à des coulées de métaux et de cristaux en fusion, où, parfois, s'étalent, irradiés, de torrides disques solaires ; sous l'incessant et formidable ruissellement de toutes les lumières possibles ; dans des atmosphères lourdes, flambantes, cuisantes, qui semblent s'exhaler de fantastiques fournaises où se volatiliseraient des ors et des diamants et des gemmes singulières — c'est l'étalement inquiétant, troubleur, d'une étrange nature, à la fois vraiment vraie et quasiment supranaturelle, d'une nature excessive où tout, êtres et choses, ombres et lumières, formes et couleurs, se cabre, se dresse en une volonté rageuse de hurler son essentielle et propre chanson, sur le timbre le plus intense, le plus farouchement suraigu ; ce sont des arbres, tordus ainsi que des géants en bataille, proclamant du geste de leurs noueux bras qui menacent et du tragique envolement de leurs vertes crinières, leur puissance indomptable, l'orgueil de leur musculature, leur sève chaude comme du sang, leur éternel défi à l'ouragan, à la foudre, à la nature méchante ; ce sont des cyprès dressant leurs cauchemardantes silhouettes de flammes, qui seraient noires ; des montagnes arquant des dos de mammouths ou de rhinocéros ; des vergers blancs et roses et blonds, comme d'idéaux rêves de vierges ; des maisons accroupies, se contorsionnant passionnément ainsi que des êtres qui jouissent, qui souffrent, qui pensent ; des pierres, des terrains, des broussailles, des gazons, des jardins, des rivières qu'on dirait sculptés en d'inconnus minéraux, polis, miroitants, irisés, féeriques ; ce sont de flamboyants paysages qui paraissent l'ébullition de multicolores émaux dans quelque diabolique creuset d'alchimiste, des frondaisons qu'on dirait de bronze antique, de cuivre neuf, de verre filé ; des parterres de fleurs qui sont moins des fleurs que de richissimes joailleries faites de rubis, d'agates, d'onyx, d'émeraudes, de corindons, de chrysobérils, d'améthistes et de calcédoines ; c'est l'universelle et folle et aveuglante coruscation des choses ; c'est la matière, c'est la nature tout entière tordue frénétiquement, paroxysée, montée aux combles de l'exacerbation ; c'est la forme devenant le cauchemar, la couleur devenant flammes, laves et pierreries, la lumière se faisant incendie, la vie, fièvre chaude.

    ***


     Telle, et non point exagérée, bien qu'on puisse penser, l'impression que laisse en la rétine le premier regarder des œuvres étranges, intensives et fiévreuses de Vincent Van Gogh, ce compatriote et non indigne descendant des Vieux maîtres de Hollande. 
     Oh ! combien loin nous sommes — n'est-ce pas ? — du beau grand art ancien, très sain et très pondéré, des Pays-Bas ! Combien loin des Gérard Dow, dés Albert Cuyp, des Terburg, des Metzu, des Peter de Hooghe, des Van der Meer, des Van der Heyden et de leurs toiles charmeuses, un peu bourgeoises, tant patiemment soignées ; tant flegmatiquement léchées, tant scrupuleusement minutieuses ! Combien loin des beaux paysages, si sobres, si pondérés, si enveloppés toujours de douces, et grises, et indécises vapeurs, des Van der Heyden, des Berghem, des Van Ostade, des Potter, des Van Goyen, des Ruysdaël, des Hobbema ! Combien loin de l'un peu froide élégance, des Wouwersmans, de l'éternelle chandelle de Schalken, de la timide myopie, des fins pinceaux et de la loupe du bon Pierre Slingelandt ! Combien loin des délicates couleurs toujours un peu nuageuses et brumeuses des Pays du Nord et des inlassables pignochements de ces bien portants artistes, de là-bas et d'autrefois, qui peignaient « dans leur poêle » l'esprit très calme, les pieds chauds et la panse pleine de bière, et combien loin de cet art très honnête, très consciencieux, très scrupuleux, très protestant, très républicain, très génialement banal de ces incomparables vieux maîtres qui avaient le seul tort - si ce fut un tort pour eux - d'être tous pères de famille et bourgmestres !... 
     Et pourtant, qu'on ne s'y trompe pas, Vincent Van Gogh n'est point tant en dehors de sa race. Il a subi les inéluctables lois ataviques. Il est bien et dûment Hollandais, de la sublime lignée de Franz Halz. 
     Et d'abord, en effet, comme tous ses illustres compatriotes, c'est un réaliste, un réaliste dans toute la force du terme. Ars est homoadditus naturæa dit le chancelier Bacon, et M. Émile Zola a défini le naturalisme « la nature vue à travers un tempérament ». Or, c'est cet homo additus c'est cet « à travers un tempérament », c'est ce moulage de l'objectif, toujours un, dans des subjectifs, toujours divers, qui compliquent 1a question, et suppriment la possibilité de tout irréfragable critérium des degrés de sincérité de l'artiste. Le critique en est donc fatalement réduit, pour cette détermination, à des inductions plus ou moins hypothétiques, mais toujours contestables. Néanmoins, j'estime que, dans le cas de Vincent Van Gogh, malgré la parfois déroutante étrangeté de ses œuvres, il est difficile, pour qui veut être impartial et pour qui sait regarder, de nier ou de contester la véracité naïve de son art, l'ingénuité de sa vision. Indépendamment, en effet, de cet indéfinissable parfum de bonne foi et de vraiment-vu qu'exhalent tous ses tableaux, le choix des sujets, le rapport constant des plus excessives notes, la conscience d'étude des caractères, la continuelle recherche du signe essentiel de chaque chose, mille significatifs détails nous affirment irrécusablement sa profonde et presqu'enfantine sincérité, son grand amour de la nature et du vrai - son vrai, à lui. 
     Il nous est donc permis, ceci admis, de légitimement induire des œuvres même de Vincent Van Gogh, à son tempérament d'homme, ou plutôt d'artiste — induction qu'il me serait possible, si je le voulais, de corroborer par des faits biographiques. Ce qui particularise son œuvre entière, c'est l'excès, l'excès en la force, l'excès en la nervosité, la violence en l'expression. Dans sa catégorique affirmation du caractère des choses, dans sa souvent téméraire simplification des formes, dans son insolence à fixer le soleil face à face, dans la fougue véhémente de son dessin et de sa couleur, jusque dans les moindres particularités de sa technique, se révèle un puissant, un mâle, un oseur, très souvent brutal et parfois ingénûment délicat. Et, de plus, cela se devine, aux outrances quasiment orgiaques de tout ce qu'il a peint, c'est un exalté, ennemi des sobriétés bourgeoises et des minuties, une sorte de géant ivre, plus apte à des remuements de montagnes qu'à manier des bibelots d'étagères, un cerveau en ébullition, déversant sa lave dans tous les ravins de l'art, irrésistiblement, un terrible et affolé génie, sublime souvent, grotesque quelquefois, toujours relevant presque de la pathologie. Enfin, et surtout, c'est un hyperesthésique, nettement symptômatisé, percevant avec des intensités anormales, peut-être même, douloureuses, les imperceptibles et secrets caractères des lignes et des formes, mais plus encore les couleurs, les lumières ; les nuances invisibles aux prunelles saines, les magiques irisations des ombres. Et voila pourquoi son réalisme, à lui, le névrôsé, et voilà pourquoi sa sincérité et sa vérité sont si différents du réalisme, de la sincérité et de la vérité de ces grands petits bourgeois de Hollande, si sains de corps, eux, si bien équilibrés d'âme, qui furent ses ancêtres et ses maîtres.

    ***


     Au reste ; ce respect et cet amour de la réalité des choses ne suffisent point, seuls, à expliquer et à caractériser l'art profond, complexe, très-à-part, de Vincent Van Gogh. Sans doute, comme tous les peintres de sa race, il est très conscient de la matière, de son importance et de sa beauté, mais aussi, le plus souvent, cette enchanteresse matière, il ne la considère que comme une sorte de merveilleux langage destiné à traduire l'Idée. C'est, presque toujours, un symboliste. Non point, je le sais, un symboliste à la manière des primitifs italiens, ces mystiques qui éprouvaient à peine le besoin de désimmatérialiser leurs rêves, mais un symboliste sentant la continuelle nécessité de revêtir ses idées de formes précises, pondérables, tangibles, d'enveloppes intensément charnelles et matérielles. Dans presque toutes ses toiles, sous cette enveloppe morphique, sous cette chair très chair, sous cette matière très matière, gît, pour l'esprit qui sait l'y voir, une pensée, une Idée, et cette Idée, essentiel substratum de l'œuvre, en est, en même temps, la cause efficiente et finale. Quant aux brillantes et éclatantes symphonies de couleurs et de lignes, quelle que soit leur importance pour le peintre, elles ne sont dans son travail que de simples moyens expressifs, que de simples procédés de symbolisation. Si l'on refusait, en effet, d'admettre sous cet art naturaliste l'existence de ces tendances idéalistes, une grande part de l'œuvre que nous étudions demeurerait fort incompréhensible. Comment expliquerait-on, par exemple, le Semeur, cet auguste et troublant semeur, ce rustre au front brutement génial, ressemblant parfois et lointainement à l'artiste lui-même, dont la silhouette, le geste et le travail ont toujours obsédé Vincent Van Gogh, et qu'il peignit et repeignit si souvent, tantôt sons des ciels rubescents, de couchant, tantôt dans la poudre d'or des midis embrasés, si l'on ne veut songer à cette idée fixe qui hante sa cervelle de l'actuelle nécessité de la venue d'un homme, d'un messie, semeur de vérité, qui régénèrerait la décrépitude de notre art et peut-être de notre imbécile et industrialiste société ? Et aussi cette obsédante passion pour le disque solaire, qu'il aime à faire rutiler dans l'embrasement de ses ciels et, en même temps, pour cet autre soleil, pour cet astre végétal, le somptueux tournesol, qu'il répète, sans se lasser, en monomane, comment l'expliquer si l'on refuse d'admettre sa persistante préoccupation de quelque vague et glorieuse allégorie héliomythique ?

    ***


     Vincent Van Gogh, en effet, n'est pas seulement un grand peintre, enthousiaste de son art, de sa palette et de la nature, c'est encore un rêveur, un croyant exalté, un dévoreur de belles utopies, vivant d'idées et de songes. 
     Longtemps, il s'est complu à imaginer une rénovation d'art, possible par un déplacement de civilisation : un art des régions tropicales ; les peuples réclamant impérieusement des œuvres correspondant aux nouveaux milieux habités ; les peintres se trouvant face à face avec une nature jusqu'alors inconnue, formidablement lumineuse, s'avouant enfin l'impuissance des vieux trucs d'école, et se mettant à chercher, naïvement, la candide traduction de toutes ces neuves sensations !.. N'eût-il pas été, en effet, lui, l'intense et fantastique coloriste broyeur d'ors et de pierreries, le très digne peintre, plutôt que les Guillaumet, que les fadasses Fromentin et que les boueux Gérôme, de ces pays des resplendissances, des fulgurants soleils et des couleurs qui aveuglent ?... 
     Puis, comme conséquence de cette conviction du besoin de tout recommencer en art, il eut et longtemps il caressa l'idée d'inventer une peinture très simple, populaire, quasiment enfantine, capable d'émouvoir les humbles qui ne raffinent point et d'être comprise par les plus naïfs des pauvres d'esprits. La Berceuse, cette gigantesque et géniale image d'Épinal, qu'il a répétée, avec de curieuses variantes, plusieurs fois, le portrait du flegmatique et indescriptiblement jubilant Employé des postes, le Pont-levis, si crûment lumineux et si exquisément banal, l'ingénue Fillette à la rosele Zouavela Provençale, indiquent, avec la plus grande netteté, cette tendance vers la simplification de l'art, qu'on retrouve d'ailleurs, plus ou moins, dans tout son œuvre et qui ne me paraît point si absurde ni si mésestimable en ces temps de complication à outrance, de myopie et de maladroite analyse.

    ***


     Toutes ces théories, toutes ces espérances de Vincent Van Gogh sont-elles pratiques ? Ne sont-elles point de vaines et belles chimères ? Qui le sait ? En tous cas, je n'ai point à l'examiner ici. Il me suffira, pour terminer d'à peu près caractériser ce curieux esprit si en dehors de tous banaux sentiers, de dire quelques mots sur sa technique. 
     Le côté externe et matériel de sa peinture est en absolue corrélation avec son tempérament d'artiste. Dans toutes ses œuvres, l'exécution est vigoureuse, exaltée, brutale, intensive. Son dessin, rageur, puissant, souvent maladroit et quelque peu lourd, exagère le caractère, simplifie, saute en maître, en vainqueur, par dessus le détail, atteint la magistrale synthèse, le grand style quelquefois, mais non point toujours. 
     Sa couleur, nous la connaissons déjà. Elle est invraisemblablement éblouissante. Il est, que je sache, le seul peintre qui perçoive le chromatisme des choses avec cette intensité, avec cette qualité métallique, gemmique. Ses recherches de colorations d'ombres, d'influences de tons sur tons, de pleins ensoleillements sont des plus curieuses. Il ne sait pas toujours éviter, pourtant, certaines crudités désagréables, certaines inharmonies, certaines dissonances... Quant à sa facture proprement dite, à ses immédiats procédés d'enluminer la toile, ils sont, ainsi que tout le reste de ce qui est lui, fougueux, très puissants et très nerveux. Sa brosse opère par énormes empâtements de tons très purs, par trainées incurvées, rompues de touches rectilignes..., par entassements, parfois maladroits, d'une très rutilante maçonnerie, et tout cela donne à certaines de ses toiles l'apparence solide d'éblouissantes murailles faites de cristaux et de soleil.

    ***


     Ce robuste et vrai artiste, très de race, aux mains brutales de géant, aux nervosités de femme hystérique, à l'âme d'illuminé, si original et si à-part au milieu de notre piteux art d'aujourd'hui, connaitra-t-il un jour — tout est possible — les joies de la réhabilitation, les cajoleries repenties de la vogue ? Peut-être. Mais quoi qu'il arrive, quand bien même la mode viendrait de payer ses toiles - ce qui est peu probable — au prix des petites infamies de M. Meissonnier, je ne pense pas que beaucoup de sincérité puisse jamais entrer en cette tardive admiration du gros public. Vincent Van Gogh est, à la fois, trop simple et trop subtil pour l'esprit-bourgeois contemporain. Il ne sera jamais pleinement compris que de ses frères, les artistes très artistes... et des heureux du petit peuple, du tout petit peuple, qui auront, par hasard, échappé aux bienfaisants enseignements de la Laïque !...


    G. Albert Aurier


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  • Extrait du texte paru dans les Cahiers Artaud n°1

    240 pages                                          http://issuu.com/lescahiers/docs/cahiersartaud1
    16,5x24 cm
    35 euros

    Ouvrage disponible en librairie.
    Commande électronique sur le site :
    www.editionslescahiers.fr

     

     

    Je t’ai mis mon cœur dans ton corps pour que tu te souviennes de ce que tu as oublié.    par Virginie Di Ricci

     

     «Cela veut dire que quand je joue mon cri a cessé de tourner sur lui-même, mais qu’il éveille son double de sources dans les murailles du souterrain. Et ce double est plus qu’un écho, il est le souvenir d’un langage dont le Théâtre a perdu le secret»[1].

     

    N’en déplaise aux tenants du miraculeux commencement grec, dans l’Egypte ancienne le théâtre existait. Il était joué devant les temples par des mimes/acteurs. Il se jouait dans la conception de la mort comme passage à son Ka. Le Ka c’est le double du moi – moi le mort. Il vit sur le plan magnétique. Il a un aspect transindividuel. Or il est mortel. Pour échapper à la seconde mort et entendre le Ka dire : «je suis vivant», les égyptiens opéraient la momification du cadavre et pratiquaient l’ouverture de la bouche de la momie. Passer à son ka nécessitait du moi qu’il se dégage de son ombre maléfique laquelle si elle était trop chargée pouvait l’entraîner dans les mondes souterrains. C’était le cas des criminels et pour d’autres raisons des suicidés. . .

     

    O vio loto o théthé[2]

    .................................

     

     


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  • 3ème intervention du G.I.T.S.E.C

    Mercredi 12 Avril 1995

    Théâtre de l'idéal - (La Métaphore) - Théâtre National - Tourcoing

     

    Le Misanthrope de Molière

    Mise en scène : Valérie Fiévet

     

        Les responsables administratifs du théâtre nous ont fait savoir quelques jours auparavant qu'ils refusaient désormais - à nous spectateurs - l'accès à leurs salles. Il est donc décidé que nous interviendrons en force ce jour-là, c'est-à-dire sans assister préalablement à la représentation.

        Cette situation nouvelle ne fait que consolider la logique de l'intervention : agir contre l'institution théâtrale, quelque soit le spectacle joué et indépendamment des personnes qui le réalisent. Nous ne cherchons pas en effet à viser des "gens qui travaillent" - comme on nous le reproche facilement avec une certaine pitié - mais à mettre en question des situations.

    Quelqu'un, anonyme, arrive vingt minutes avant la fin supposée de la représentation. Quand la pièce se termine, le signal est donné. FA, JMM, PAA et JB pénètrent alors dans le hall d'entrée, puis se rendent dans la salle.

    Malgré l'effet de surprise, deux techniciens interceptent JB et le jettent dehors une première fois. Il réussit à revenir et rejoint les autres dans la salle. Le public applaudit les comédiens qui sont arrivés pour saluer - l'un des comédiens dit : "Oh non pas eux !".

    Devant le gradin, nous faisons face au public, dos à la scène. Jets de tracts (identiques aux précédents). Le public tend les mains pour recevoir et attraper.

    Un ou deux techniciens tentent de nous ceinturer. PAA, JB et JMM montent dans le gradin : les premiers pour distribuer des tracts, le dernier pour lire "Attaques à mains ensanglantées".

    Les comédiens sont déjà repartis en coulisse et ne salueront plus.

    Les applaudissements cessent.

    Plusieurs responsables du théâtre sont arrivés et veulent entraver l'action en nous faisant des "appels à la raison". Certains ramassent les habits de FA qui répètent ces mots :

    "A QUI JE M'ADRESSE ? DE QUOI AS-TU PEUR ?"

    Il est bientôt recouvert de sang de boeuf frais par PAA et JB. Ce dernier se fait définitivement expulser du théâtre par deux techniciens.

    Face à une salle qui commence à se vider silencieusement, comme si rien ne se passait, la Responsable des Relations Publiques du théâtre fait une annonce : " Cette intervention n'était pas prévue ! Nous vous rappelons qu'il y aura un débat dans cette salle d'ici vingt minutes."

    Sous les invectives verbales et les bousculades des deux autres techniciens, FA glisse au sol dans la mare de sang, avant d'être relevé par les bras énergiques de ces mêmes personnes. On lui demande d'arrêter et de se rhabiller. En sortant un spectateur arrache des mains de JMM le texte qu'il lisait. Précédemment un autre avait crié : " Ta gueule !".

    Il était prévu qu'une fois l'intervention terminée  nous resterions dans le théâtre et refuserions de parler - pas de débat, pas de discours. PAA et JMM rejoignent FA. Tous trois se mettent un bâillon sur la bouche. Tandis que quelques spectateurs quittent encore la salle, un comédien est revenu sur scène, se penche vers nous et dit : "Je veux un bâillon, moi aussi, donnez-moi un bâillon !"

    Retour à l'ordre - Mots de raison :

    on nous arrache les bâillons de la bouche

    on nous dit :"Pourquoi  ne dites-vous rien ?"

    Un autre : "T'as tout perdu."

    Il ne reste plus que trois spectateurs assis qui regardent. On nous chasse violemment. FA refuse de se rhabiller. Un technicien lui fouette le dos avec le pantalon taché de sang tandis que nous sommes éconduits vers la sortie par la porte de service.

    Pas de traces photographiques.

         DOCUMENTS INOFFENSIFS


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  • 2ème INTERVENTION DU G.I.T.S.E.C

    (Groupe d'Intervention Théâtral Scandaleux et Contestaire)

     

    Vendredi 31 Mars 1995

    (La Métaphore) - Théâtre National Lille

     

    Les Exclus d'après Elfriede Jelinek

    Adaptation : Jöel Jouanneau - Mise en scène : Stéphanie Loïk

     

     

           Cinq intervenants assistent au spectacle.

           La pièce se termine par ces mots : "Vous pouvez disposer de moi."

           Noir scène. Noir salle. Applaudissements.

     

          JMM se lève et donne le départ par un long coup de sifflet.

          Les acteurs sont entre-temps revenus sur scène pour saluer, la salle est légèrement éclairée. 

          Au coup de sifflet, debout tous les cinq, nous lançons dans la salle des centaines de tracts :

                              - textes écrits par JMM, PAA, FA, JB

                              - détournements publicitaires

                              - détournements pornographiques

                              - articles de presse

                              - catalogues de produits de consommation

     

         SIMULTANEMENT :

         - LD, un bâillon sur la bouche, située à droite dans les premiers rangs, monte sur la scène

           pour distribuer un tract aux comédiens debout, rangés en ligne droite face au public.

           Sur le tract : "POURQUOI FAITES-VOUS CE QU'ON VOUS DIT ?"

           Certains des comédiens le prennent, d'autres refusent.

           Elle descend et commence à prendre des photographies de l'intervention.

         - JMM, venant de la gauche à quelques sièges de la scène, tente d'écrire "INOFFENSIF" en lettres blanches.

           Un technicien l'en empêche en le ceinturant. Il réussit à se dégager, est obligé de monter sur la scène pour

          pouvoir lire son texte à haute voix vers le public :

          "ATTAQUES A MAINS ENSANGLANTEES."

         Le technicien va s'asseoir et l'écoute.

         - F.A, placé au centre de la salle, se déshabille, s'adresse au public en répétant en boucle les phrases

        suivantes :

        "DE QUOI AS-TU PEUR ? A QUI JE M'ADRESSE ?"

         - PAA et JB, situés au fond de la salle, l'un à gauche, l'autre à droite, bâillonés  également, descendent les  gradins. Une personne essaie de retenir PAA - elle lui dit : "Non".  Il l'écarte en la poussant.

         PAA et JB rejoignent FA, entièrement nu et le badigeonnent de pigment pur rouge. D'abord recroquevillé, il se    redresse lentement. Les mots tournent toujours dans sa bouche inlassablement.

        PAA et JB, les mains rouges, ramassent quelques tracts pour les distribuer aux spectateurs intrigués.

     

       Agitation confuse : applaudissements mêlés de huées, quelques insultes, la salle se contente de réagir mollement. Les comédiens sont toujours présents et observent.

       FA est maintenant droit, bras levés. Il lance un dernier cri, avant de s'effacer, interrompant ainsi l'intervention en entraînant les autres à sa suite.

       Un technicien nous suit jusqu'à la sortie.

       Il nous dit : " C'était très beau ! Et maintenant qui c'est qui va nettoyer la moquette ?".

    DOCUMENTS INOFFENSIFS

    2ème INTERVENTION DU G.I.T.S.E.C

     

     


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  • 1ère intervention du G.I.T.S.E.C

    (Groupe d'Intervention Théâtral Scandaleux et Contestaire)

     

     

    Mardi 14 Mars 1995

    Rose des Vents - Scène Nationale - Villeneuve d'Ascq

     

    Le Tartuffe de Molière

    "Mise en scène : Benno Besson

     

     

                  Le G.I.T.S.E.C assiste comme les autres spectateurs au déroulement du spectacle.

                  La pièce se termine. Noir scène. Noir salle. Applaudissements.

     

                  JMM se lève, descend jusqu'à l'espace situé entre la scène et le gradin,

                  marque sur le sol, à la bombe de peinture blanche, le mot INOFFENSIF.

                  qui s'inscrit au pied des spectateurs.

                  Ceux-ci applaudissent toujours.

                  Entre-temps, les comédiens sont venus saluer.

     

                  Parallèlement à cette action, F.A prend des photos en noir et blanc :

                  Aucune opposition rencontrée.

                  Indifférence générale.

                  Nous quittons la salle dans le calme.

     DOCUMENTS INOFFENSIFS

    1ere intervention G.I.T.S.E.C

    1ere intervention G.I.T.S.E.C


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  • SATURA - satire romaine - désigne une recette de cuisine antique basée sur la farce, le mélange des genres, la diversité des sujets et des types humains.

    Acteurs masqués, parasites, musiciens, empereur, esclaves, affranchis, pantomimes, gladiateurs, chars et auriges entrent dans l'arène pour composer un poème scènique romain cruel et drôle.

    Représentée et tournée en direct, Satura traite joyeusement de la pauvreté dans l'abondance, des prospérités du vice et des malheurs de la vertu, de la saturation d'un monde latin où tout est vrai et tout est faux. (Tacite, Les Annales)

    Les détails fantastiques ou scandaleux, les dérives des bas-fonds antiques aux palais de marbre, le césarisme, la pompa, le peuple romain, les jeux, tout cela constitue la matière même d'un spectacle unique à ne pas manquer.


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    "Ou la nature devoilee" de Jm Musial from TERRIBILITA on Vimeo.


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  • EDITIONS LIGNES            http://www.editions-lignes.com

     

    Devenir Debord d'Alain JugnonLE DEVENIR DEBORD (Révolution, pas élection)

     Alain Jugnon met Debord – les textes de Guy Debord – à l’épreuve d’une situation politique aujourd’hui marquée par la « restauration » sarkozienne : sa haine de l’art, de la littérature, de la philosophie… Le Devenir Debord n’est pas un livre de plus sur Debord (sa vie, son œuvre), mais avec Debord, ici considéré comme un instrument de lutte contre une politique globale du capital qui tient l’homme pour rien.

     

    Le Devenir Debord n’est pas un livre de plus sur Debord (sa vie, son œuvre : exigence, exégèse). Mais un livre avec Debord. Devenant Debord. Plus exactement, avec en soi un devenir Debord. Non pas par imitation. La pensée, c’est ce qui ne s’imite pas. Non pas donc pour devenir soi-même Debord après lui. Mais pour que tout devienne un peu de ce que Debord fut et pensa. Le redevienne. Le redevienne au point que lui-même revienne. Jugnon a de ces phrases expéditives qui peuvent étonner mais qui enchantent aussi (c’est selon) ; ainsi, celle-ci : « Tout le monde est mort aujourd’hui : Lacoue-Labarthe, mais aussi Hegel, et encore Artaud. » On ne peut pas être moins philosophe.

     

    Pour enseigner la philosophie (et la maîtriser supérieurement, comme en atteste son Nietzsche et Simondon récemment paru chez Dittmar), Jugnon n’en instruit pas moins un profond procès contre la philosophie en général. Il ne pense pas en philosophe, mais en écrivain : même vitesse, même ton d’affirmation. Il cite, certes, mais comme on donne à entendre des voix dans un théâtre de pensée. Aucun souci de démonstration. C’est une philosophie cependant, mais une philosophie performative – de performance et de performation (en art, on dirait que cela ressemble à une installation). Tout est en réalité pris dans un mouvement, dans une vitesse tels que c’est tout entier à prendre ou à laisser. Puisqu’il s’agit de nuire à un système à quoi il semble que rien ne puisse nuire, tout est bon pour alimenter la forge ou, comme disait Nietzsche, pour faire sa pelote.

    Comment commence-t-il ? Ainsi, pas en philosophe, donc : « Mais le mot dont il s’agit pour nous ici a nom : Debord. C’est une voie de fait, un acte politique, du terrorisme intellectuel. » Pas seulement une pensée, donc, mais une pensée en acte, en acte politique, contre la politique pensée par la restauration sarkozienne : sa haine de l’art, de la littérature, de la philosophie… Debord est ici le nom possible – prétendument nihiliste – d’un combat – contre le vrai nihilisme. À ce vrai nihilisme, Jugnon donne le nom d’antihumanisme. Pas au sens admis depuis Foucault, aujourd’hui intenable (trop abstrait, trop conceptuel). Au sens au contraire où il s’agit de reproduire de l’homme contre tout ce qui s’emploie à le tenir pour rien ; et la politique sarkozienne, nom transitoire d’une politique globale du capital, tient l’homme pour rien, le réduit à rien, au mieux le ridiculise, au pire le nie.

    Poème si l’on veut, mais poème politique que ce Devenir Debord. Lautréamont, Rimbaud, Nietzsche, Deleuze, Nancy traversent aussi ces pages, que Jugnon cite, souvent, toujours avec passion (ni pour applaudir ni pour se justifier). Citations qu’il emploie par appropriation, et non par ajout ; pas pour ajouter des lignes aux lignes, mais de l’expérience à l’expérience, de la chair à la chair, de la vie à la mort…

    Table

    Introduction : La vraie vie politique : petit nécessaire à révolution

    1. La naissance et la mort

    2. Le pèse-nerfs, voici l’homme

    3. Le Debord de Nietzsche

    4. Le rapport Debord

    5. L’unique et sa propreté

    6. Debord 68, la démocratie absolue

    7. Debord poète et prothésiste

    8. La marche nietzschéenne de Guy Debord

    Alain Jugnon enseigne la philosophie. Il est l’auteur de pièces de théâtre et d’essais : Le Contredieu et autres guerres dans les lettres humaines (Éditions Le Grand Souffle) ; Encyclique anale (Éditions Parangons). Il a coordonné l’ouvrage collectif paru en avril 2007 aux Éditions Le Grand Souffle : Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, défense ferme et définitive de la nécessité de s’abstenir. Il a récemment fait paraître : À corps défendant : Une légère philosophie à l’usage des acteurs (Éditions Nous, 2010) et, chez Lignes, Artaudieu : L’individu contre la mort (coll. « Fins de la philosophie », 2010).


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    Les Larmes de sang Fragments sonores

    SADE-CHARENTON, LES LARMES DE SANG

    Enregistrements Live Biennale de Turin 2000

    Réalisation et mise en scène Jm Musial assisté de Virginie Di Ricci

     

    tres faibles et enchaînés" Introduction 120 Journées de Sodome (1'21)

    (Voix JM Musial)

     

    Dialogue Clairwill / Juliette  (2'57)

    Voix(Françoise Berlanger, Virginie Di Ricci)

     

    "J'étais à la bastille le 3 juillet 1789" (2'47)

    (Voix Bruno Marin)

     

    L'Européen (1'02)

    (Voix Hugues Chamart)

    La religion, poison de la philosophie

    (Voix Virginie Di Ricci)

     

    Nous ne commençons que pour finir (1'58)

    (Voix Virginie Di ricci)

     

    Passion 148 (7'37)

    (Voix Virginie Di Ricci)

     

    Les Larmes de sang Fragments sonores


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