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Traces du parcours artistique et théâtral de Jean-Marc Musial et Virginie Di Ricci fondateurs du Laboratoire de Recherches et Créations scéniques Terribilità

MODE D'EMPLOI

MODE D'EMPLOI

Claude-Bernard PEROT- L'Homme d'Orgie de Pier Paolo PASOLINI ms de JM MUSIAL

©Photo Fabienne WAXIN

 

MODE D'EMPLOI

(à l'usage des spectateurs d'Orgie de P. P. Pasolini)

 

Apportons, puisqu'il le faut, la preuve concrète d'une solution scénique.

Cassons le spectacle en laissant éclore l'"à présent".

 

Il n'y a pas dans ORGIA d'évolution dite "dramatique" au sens où les

personnages seraient en contact direct avec la réalité par le sens évolutif

des situations et des conflits contenus dans le texte.

Car dans ce théâtre de mots, il y a suppression  d'action

pour mieux réaliser le drame.

 

IL FAUT DÉTRUIRE.

 

Surtout si les premiers sens sont le Chaos et le Discours,

et si les soubassements de l'oeuvre sont la Différence

et le fascisme ordinaire qui conditionne cette Différence.

 

Le sentiment d'abstraction qui surgit du texte d'ORGIA

vient de l'élan créateur, du saut de puce vers l'éternité.

 

"C'E STATO FINALMENTE UNO CHE HA FATTO BUON USO DELLA MORTE."

 

La réalité doit s'emparer de l'espace scénique.

 

C'EST LUI

qui a cassé le mur pour organiser au mieux son spectacle.

C'EST LUI

qui a disposé les meubles en cercle parfait.

C'EST LUI

qui a sorti son propre cadavre de la cuisine

pour mieux se pendre en avant-scène.

C'EST LUI

qui a payé quelques spectateurs pour assister à la cérémonie.

C'EST LUI

qui peut écrire sur le parterre de la scène

"JE NE VEUX PAS DE SUCCÈS".

C'EST LUI

qui a construit la MACHINE DE SADE,

gigantesque métronome de la paresthésie.

C'EST LUI

qui dirige le son et la lumière.

C'EST LUI

qui peint sur les murs de son théâtre :

"SENTIMENTO TRAGICO DELLA REALTA."

 

C'EST ELLE

qui, assise, de dos lui sert de modèle pour éxécuter

les deux grandes toiles qui sont exposées dans la cuisine.

C'EST ELLE

qui, revenue des morts, encore trempée de sa noyade,

entame un soliloque fiévreux jusqu'au centre de la scène.

C'EST ELLE

qui ne pleure jamais.

C'EST ELLE

qui tuera ses enfants.

C'EST ELLE

qui mourra en premier.

 

Mais avant, la douleur à jamais;

 

"AINSI, il y aura finalement un homme qui aura fait un bon usage de la mort."¹

 

Il aura vécu dans ce lieu pour y bâtir, seul, une tragédie,

transformer son rêve, dans lequel d'autres ne voyaient

qu'un caprice de petit-bourgeois, en une cathédrale échaffaudée

avec ses frères moins humains que lui.

 

Il aura payer les spectateurs et magnifié toutes les traces

de la quotidienneté en "ready-made" offert à l'absolu,

à l'abstraction.

 

Cette femme, la mythe, Médée, telle une droite invariable

"tendant  vers" sans jamais atteindre, massacrant la lie de

son existence, aura erré parmi les restes de notre culpabilité

d'être au monde et d'exister.

 

Epreuve d'exorcisme, bien sûr, acceptation totale de leur Différence.

 

ET S'IL Y A HONTE C'EST POUR JOUIR.

 

S'IL Y A DES SACRIFICES CE SONT DES PLAISIRS MEURTRIERS

 

ARRÊTONS LE SIMULACRE !

 

ACCEPTONS LA VIE :

L'HOMME EST MAUVAIS ET INDUBITABLEMENT MÉCHANT.

 

IL N'Y AURA PAS DE RÉVOLUTION TOTALE.


                                                                                                       JM MUSIAL -

¹Cit. Pascal

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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