• Baraque de foire BAŁAGANIE

    « Il s’agit de raconter tout ce qui s’est passé jusqu'alors. Il ne peut s’agir que de ce qui s’est passé ! En tout premier sursaut, il y avait une caméra et trois feuilles sur l’histoire désespérante de Bajon le peintre. Puis il a fallu apprendre à écrire, ne pas se relire et avancer. Chaque mot, chaque geste allait devenir la forge inassouvie de notre entente envers la matière et ses formes".       Jean-Marc Musial

     

    STRASZNY! se place directement dans le cadre d’un travail de création, de recherche et d’expérimentation, dont le premier résultat a été marqué par la présentation de la pièce MILCZENIE – Expérience d’une gravité.

    Baraque de foire BAŁAGANIE

    MILCZENIE - Expérience d'une gravité ©Crédits photographiques Jm Musial



    MILCZENIE a  permis d’interroger le travail et le parcours de Vsevolod MEYERHOLD, les recherches de Jerzy GROTOWSKI sur le théâtre KABUKI, et surtout les écrits de Stanislaw Ignacy WITKIEWICZ  notamment sa définition d’ "Existence Particulière ».

    STRASZNY! se définit quant à lui en tant que recherche d’un Théâtre-Cinématographe. L’objet à créer est donc abordé à la fois théâtralement et cinématographiquement – la technique utilisée est celle d’un film muet Super 8 n&b.

    STRASZNY! part de l’idée d’un chœur dont l’éclatement donne naissance à différentes Existences particulières, avec pour chacune un parcours précis et défini. Toutes ces existences particulières mettent en jeu simultanément leur processus de vie, dans un espace scénique unique où le public, debout, est mêlé aux acteurs, aux musiciens, aux techniciens et au metteur en scène.

    STRASZNY! s’énonce comme une intolérable « Baraque de foire » (au sens où l’entendait Meyerhold sous la forme du Balagan). La démultiplication des Existences inclut la démultiplication des perspectives scénographiques et acoustiques, ainsi que l’accumulation des objets, des écrans, des projecteurs, des instruments…

    S’agissant d’un cinéma muet, l’élaboration du son de STRASZNY! agit en tant que phénomène acousmatique (voix, musiciens, bandes magnétiques..)

    S’agissant d’un théâtre parlé, la matière textuelle de STRASZNY!, outre celle des onomatopées (les allemands disent aussi lautmalerei : peinture du son), prend source chez différents auteurs en fonction de chacune des Existences particulières. Les textes travaillés  sont de Georges BATAILLE, Heiner MÜLLER, Friedrich NIETZSCHE, Colette PEIGNOT, le Marquis de SADE, Bruno SCHULZ, Arthur SCHOPENHAUER, Jean-Marc MUSIAL..

    Le langage est également celui des corps (langage universel comme les onomatopées), que les acteurs investissent dans la totalité, qu’il s’agisse du grotesque, du masque facial, ou encore d’un acte de désengagement de l’acteur par rapport à l’action.

    STRASZNY! étant placé dans un processus d’élaboration permanente, chaque présentation publique du travail s’est donc conçue comme une nouvelle étape de recherche théâtrale, cinématographique et musicale, marquée par la rencontre avec de nouvelles personnes (acteurs, spectateurs…) et le désir de nouveaux lieux de tournage, d’élaboration et de présentation.

    La répétition, pour une création théâtrale est vitale. Au même titre, la notion de tournage, dans la création de l’objet cinématographique est aussi vitale.
    L’acteur, en représentation face à la caméra, sans jamais la regarder avec ce regard oblique qui le caractérise, l’acteur, heurté par l’équipe du Théâtre-Cinématographe, n’a pour tout spectateur qu’un lieu naturel ou artificiel, ses objets et sa nature.

    Ici, c’est la vie que l’on doit y insuffler.

    Puis, le retour de l'image, et sa première réception.

    Matière brutale, des pans entiers de vie.

    Tourner / Monter / Tailler / Sculpter

                                                Laisser faire  / Couper  /  Rendre compte

    Rendre compte à l'acteur de son image, de ce qui a été insufflé.

    Elaborer avec lui, ou contre son gré, sur scène, une stratégie de démystification. Sublimer, par la seule présence de l’acteur face à son image, pour que tout ce qui ne sera pas visible et perceptible à l’image apparaisse concrètement sur la scène.

    Voici donc l’essence motrice d’une existence particulière idéale, tant sur le plan cinématographique que scénique.
    A l’état de marionnette parfaite, dans un cadre défini, la voilà qui se relève pour sortir de ce cadre et entrer dans l’arène.

     

    Baraque de foire BAŁAGANIE

     

    Cherchant à remettre en cause le statut du public face au spectacle, ceci afin  de l’interroger pour une meilleure réception de STRASZNY!, les tentatives dramaturgiques mises en place amènent nécessairement le spectateur à un parcours déambulatoire.
    Déambulation donc vers le lieu d’accroche, qui n’est  encore qu’un lieu de spectacle où se projette un film sur quatre écrans simultanés, supporté musicalement par un travail acousmatique.
    C’est en quelque sorte par une mise en condition cinématographique et frontale qu’est amené STRASZNY!.
    Récemment, lors de la présentation de STRASZNY – 3ème sursaut 1ère morsure c’est l’acteur qui transperçait l’écran pour rejoindre l’espace scénique. Pour STRASZNY! 360° c’est au spectateur de le traverser.

                                                             LE THÉÂTRE EST UN CERCLE
                                            LE CINEMATOGRAPHE EST UNE DROITE



    Ces deux éléments sont tenus par un rail les traversant, sur une seule ligne droite, équilibrée par une des Existences : le contrepoint (la danse).

    Le public traverse donc l’écran pour se retrouver debout, au centre de l’arène de STRASZNY, au milieu des huit Existences particulières qui, tel un chœur éclaté, entament leur parcours. Comme si la nature devait gémir de se voir morcelée en individus.

    C’est debout au sein de la mêlée, que le spectateur assiste à l’éclatement total de STRASZNY!  dans une véritable ambiance de Baraque de foire – Le BALAGAN.

    Baraque de foire BAŁAGANIE

    STRASZNY!  360° ©Crédits photographiques Jm Musial



    Ce n’est qu’une fois rassasié, explosé aux quatre points cardinaux, que le même spectateur de STRASZNY! est invité à s’asseoir, pour faire face de nouveau au rapport frontal, mais cette fois-ci scéniquement.

    Car les Existences Particulières présenteront en effet l’objet de toutes les convoitises : une pièce de théâtre, qui par sa création, boucle le parcours du Théâtre-Cinématographe, avec les liens directs entretenus lors du parcours déambulatoire.

    La dynamique de l’acteur / DYNAMIKA AKTORA

    Le théâtre aujourd’hui, ne peut être que cet être qui se livre dans son immédiateté avec détermination et exigence. Car le mot d’ordre de Maurice MAETERLINCK reste d’actualité quand il exige que :

    « nous voulons penser en jouant, savoir ce que nous jouons et surtout qui nous dénonçons ou enseignons par notre jeu !».

    Le fait d’interroger des termes comme « Existence particulière » et non plus «personnage », implique nécessairement une distance qu’il faut éprouver physiquement pour admettre qu’un acteur a plus besoin de « crédibilité » que de             « vraisemblance ».

    Le théâtre doit s’armer de tous les procédés scéniques capables d’éprouver, sous toutes ses formes, le phénomène de la représentation, et par là même le public.

    Il ne faut plus hésiter à convoquer à la fois le rapport frontal et la déambulation, car le premier se fixe en heurtant la rétine du spectateur, tandis que la seconde provoque l’émoi et la confusion, les deux étant inclus dans un processus de création.

    Confronter le jeu de l’acteur et son masque grotesque en le confrontant au désengagement. Le premier, parce que l’acteur ne peut plus souffrir de la réédition systématique de son jeu. Le désengagement parce qu’il implique autre chose que le cadre délimité de l’espace scénique, et impose surtout  une lecture de la part du spectateur, à la fois dans l’adresse qu’on lui fait, mais aussi dans le « quatrième mur » qui s’élabore face à lui.

    Et peu importe que l'acteur  "masque ses manques et ses errances par la révolte », puisqu’il se « désengage ».

                                                                                                                                    Jean-Marc Musial

    Baraque de foire BAŁAGANIE

     

     Baraque de foire BAŁAGANIE

    STRASZNY!  3ème sursaut 1ere morsure ©Crédits photographiques Jm Musial


     

    « Presse Straszny !Existences particulières »

    Tags Tags : , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :