• B.Pour un nouveau type d'art théâtral.

    Le théâtre, qui est, comme la poésie, un art composite contient davantage encore

    d'éléments inessentiels et c'est pourquoi il est beaucoup plus difficile d'imaginer une

    forme pure sur la scène, indépendante des actions humaines en son essence. Je crois

    pourtant que ce n'est pas tout à fait impossible. Tout comme il a existé, dans les arts

    plastiques une époque où la forme pure et le contenu métaphysique de la sensibilité

    religieuse formaient un tout unique, il y eut aussi une époque où le devenir scénique et

    le mythe réalisèrent une unité semblable. La forme et le contenu de notre peinture et

    de notre sculpture, le contenu de leurs objets, qu'ils soient fantastiques ou proches du

    réel, ne sont qu'un prétexte à la création sans aucun lien direct avec elle, une sorte de

    doping pour le mécanisme esthétique portant l'artiste à une certaine tension créatrice.

    Je pense donc qu'on peut envisager un art théâtral dans lequel le devenir lui-même –

    indépendamment des images intensifiées qu'il donne de la vie – peut porter le

    spectateur vers un état de compréhension métaphysique, de réceptivité aux sentiments

    métaphysiques, que le fond de l'oeuvre soi fantastique ou réaliste ou encore une

    synthèse de ces deux genres. Mais cela suppose évidemment que toute la pièce prenne

    sa source en un besoin sincère de susciter scéniquement de tels sentiments avec la

    forme appropriée. Et que l'essentiel de l'oeuvre ne réside pas uniquement en son

    contenu réel ou fantastique mais que, par la synthèse de tous les éléments théâtraux

    (sons, décors, mouvements scéniques, texte) il puisse s'édifier librement, sans référence

    nécessaire au monde réel ; Il faut pouvoir librement et totalement déformer la vie et le

    monde fantastique pour créer une unité dont le sens serait fourni par son architecture

    interne et scénique et non par les exigences de la psycholoie ou de l'action en fonction

    de la vie, ces dernières exigences n'étant valables que pour les oeuvres qui se veulent

    une reproduction amplifiée de la réalité ; Je ne veux pas dire apour autant que l'oeuvre

    théâtrale doive être à tout prix absurde mais seulement qu'elle ne soit plus freinée par

    les modèles actuels, fondés sur le sens vital ou les règles du fantastique. Les comédiens

    ne devraient pas exister en tant que tels mais comme éléments d'un ensemble, au même

    titre que telle tache de couleur rouge en tel tableau.

    La pièce envisagée peut prendre toutes les libertés qu'elle veut à l'égard du réel.

    Il suffit que cette liberté – et les absurdités apparentes qu'elle entraîne – soit justifiée et

    conduise vers la dimension psychique où il est primordial d'introduire le spectateur. Je

    ne suis pas pour le moment en mesure de donner un exemple précis d'une telle pièce.

    Je veux seulement marquer ici la possibilité d'en créer une par le dépassement des

    préjugés révolus.

    Admettons donc que quelqu'un écrive une telle pièce. Le public devra s'y

    habituer comme il s'habitue aux mollets déformés des tableaux de Picasso. On peut

    imaginer un tableau uniquement fait de formes abstraites qui, à moins qu'on ne les

    suscite soi-même à tout prix, n'impliqueront aucune référence aux formes du monde

    extérieur. Par contre, on ne peut imaginer une oeuvre identique au théâtre car le

    devenir pur dans le temps n'est possible que dans la sphère des sons et des couleurs.

    On ne peut concevoir d'oeuvres théâtrales sans interventions et sans actions de

    personnages – fussent-ils les plus farfelus ou les plus monstrueux – car le théâtre est un

    art composite qui ne possède pas, comme la peinture ou la musique, d'éléments ou de

    matériaux autonomes. Le théâtre actuel donne l'impression d'un art désespéremment

    bouché qui ne peut éclater qu'en y introduisant ce que j'ai appelé le fantastique de la

    psychologie et du comportement. La psychologie des personnages et leur

    comportement doivent être un prétexte à une pure succession d'événements.

    L'essentiel, c'est que la continuité psychologique des personnages et celle de leur

    comportement ne soit plus ce cauchemar qui pèse de tout son poids sur l'architecture

    des pièces. On en a plus qu'assez, à mon sens, de ce règne maudit des caractères, de

    cette pseudo-vérité psychologique qui donne à tous la nausée . En quoi ce ui se passe

    dans la rue Wspolna n°38, appartement 10 ou dans quelque château enchanté ou dans

    quelque époque lointaine, peut-il nous intéresser ? Nous souhaitons, au théâtre,

    pénétrer dans un monde radicalement différent où les événements, découlant de la

    psychologie ds personnages – qu'ils soient vraisemblables ou erronés – les jeux

    d'éclairage, les changements de décor, l'accompagnement musical, doivent s'imposer

    comme nécessaires et provoquer, par la singularité de leur enchaînement, un devenir

    temporel libéré de toute logique, à l'exception de celle de la forme même de ce devenir.

    A cette nécessité peut aussi s'adjoindre la possibilité de modifier le psychisme des

    personnages en faisant abstraction de la logique de leurs comportements. Cette

    psychologie « fantastique » devra s'imposer avec la même évidence que les mollets

    cubiques des peintures de Picasso.

    Les gens qui rient devant les déformations de telle ou telle peinture

    contemporaine riront aussi évidemment devant le psychisme incompréhensible des

    personnages sur la scène. Mais il me paraît possible de résoudre ce problème – comme

    il le fut, relativement pour la musique et la peinture contemporaines – en essayant de

    mieux comprendre l'essence de l'art moderne et de s'habituer aux oeuvres nouvelles.

    Ceux qui ont compris l'art pur en peinture ne peuvent plus regarder les autres

    tableaux comme auparavant. De même, ceux qui se seraient faits à ce nouveau théâtre

    ne pourront que difficilement supporter les oeuvres réalistes ou lourdement symbolistes

    d'aujourd'hui. En peinture, nous avons maintes fois vérifié ce phénomène sur des gens

    qui semblaient au début incapable de comprendre la forme pure et qui, après une

    certaine initiation, purent formuler sur les oeuvres modernes des jugements

    remarquablement pertinents. Peut-être y a-t'il dans ce raisonnement une certaine dose

    de perversité mais pourquoi aurions-nous peur de la perversité dans le domaine de

    l'art ? Les perversions sont choses pénibles dans la vie mais peut-on transférer au

    domaine de l'art des jugements qui ne concernent que la vie ?

    La perversion en art (par exemple, le déséquilibre des masses dans la

    composition, la désharmonie des couleurs en peinture) est un moyen, non un but. C'est

    pourquoi elle est étrangère à la morale puisque le but qu'elle permet d'atteindre –

    l'unité dans la pluralité de la forme pure – ne saurait lui-même être jugé selon les

    critères du bien et du mal. Avec le théâtre la chose se passe un peu différemment

    puisque ses éléments constitutifs sont des êtres vivants et agissants.

    Une pièce répondant aux exigences que nous avons définis ne serait réalisable

    que si un large public en ressentait lui-même le besoin et si les auteurs susceptibles de

    l'écrire étaient portés spontanément par la même exigence. Si elle n'est qu'une sorte de

    « non sens programmé » conçu à froid, artificiel, sans nécessité, elle provoquera

    inévitablement le rire, comme ces tableaux dont les objets sont déformés sans raison

    par les peintres, qui ne les exécutent que pour des raisons commerciales ou pour épater

    le bourgeois. Les formes abstraites et pures sont nées en peinture en payant un tribut

    nécessaire à la déformation des objets et des êtres du monde extérieur. De même, la

    forme pure ne peut naître au théâtre qu'au prix d'une déformation identique de la

    psychologie et du comportement des personnages. Il faut que l'oeuvre soit

    complétement libérée de tout souci de fidélité, d'exactitude à l'égard des données de la

    vie, mais par contre il lui faut être d'une précision scrupuleuse dans les liaisons de

    l'action et de la construction formelle.

    La tâche consistera donc à meubler le temps d'un devenir scénique possédant sa

    propre logique, sans aucune dépendance à l'égard du réel. L'exemple imaginé

    ridiculisera peut-être ma théorie, déjà suffisamment ridicule (voire absurde ou

    révoltante) pour certains, mais je la proposerai malgré tout.

    Trois personnages habillés de rouge entrent en scène et saluent on ne sait qui.

    Une de ces personnes récite un poème (qui doit apparaître à cet instant comme

    indispensable). Entre un vieillard à l'expression douce menant un chat au bout d'une

    laisse. Tout cela se déroule sur un fond de rideau noir ; Ce dernier s'ouvre et découvre

    un paysage italien tandis que retentit une musique d'orgues. Le vieillard s'adresse aux

    personnages déjà en scène, leur dit quelque chose en accord avec l'ambiance qui

    précède. Un verre tombe d'une table ; Tout le monde se jette à genoux et pleure. Le

    vieillard se mue alors en un fauve déchaîné et assassine une petite fille qui vient juste

    d'entrer en scène en rampant du côté jardin. Sur ce, un beau jeune homme fait

    irruption, remercie le vieillard du crime qu'il vient d'accomplir et les personnages en

    rouge se mettent à chanter et à danser. Après quoi, le jeune homme sanglote près du

    cadavre de la petite fille en disant des choses très drôles et très gaies. Le vieillard

    reprend alors son apparence première d'homme doux et bon et rit dans un coin en

    prononçant des phrases simples et sublimes.

    Les habits peuvent être au choix, de style ou entièrement fantaisistes. La

    musique peut jouer à certains moments. Est-ce une maison de fous ou le cerveau d'un

    fou sur la scène. Il se peut, mais avec cette méthode, il est possible, en écrivant

    sérieusement une pièce de ce genre et en la présentant avec la rigueur nécessaire, de

    créer des spectacles d'une beauté jamais rencontrée jusqu'alors, grâce à ce style

    nouveau qui ne rappelle rien de ce qui a été fait.

    En sortant du théâtre, le spectateur devrait avoir l'impression d'émerger d'un

    rêve étrange dans lequel les choses les plus banales ont un charme inexplicable, ce

    charme incomparable que seuls possèdent les rêves. Aujourd'hui, le spectateur quitte

    le théâtre avec un sentiment de dégoût ou l'âme bouleversée par l'horreur biologique

    ou sa sublimité ou bien encore, furieux d'avoir été « eu » par des trucs ; quels que

    soient ces genres, le théâtre actuel ne donne presque jamais l'impression d'un monde

    fondamentalement différent, ouvrant sur une beauté purement formelle ; certaines

    oeuvres d'auteurs anciens contiennent parfois des moments de cette nature et on ne

    saurait le nier sans faire preuve d'une partialité diabolique. On les trouve dans

    certaines pièces de Shakespeare et de Slowaki mais jamais dans leur forme pure et

    c'est pourquoi ces oeuvres, en dépit de leur grandeur, ne donnent pas l'impression

    recherchée.

    Le point culminant ou le dénouement d'une telle pièce peuvent ne pas satisfaire

    ce que j'appelle la « tension de nos tripes » , tension qui explique le succès des pièces

    d'aujourd'hui. Il faut totalement oublier ces habitudes néfastes – ce besoin de suspens

    – par exemple – pour pénétrer dans ce monde nouveau qui ne nous concerne pas

    vitalement, pour pouvoir vivre un drame métaphysique, comme celui que suscitent les

    notes d'une symphonie ou d'une sonate ; le dénouement ne peut être la solution ou la

    résolution d'un problème vital mais le déliement d'un noeud formel, sonore, plastique

    ou psychologique, libre de toute référence au réel.

    Evidemment, ceux qui ne comprennent rien à l'essence de l'art pourront là

    encore me reprocher l'apparence totalement gratuite d'une telle oeuvre ; Pourquoi trois

    personnages et pas cinq ? Pourquoi sont-ils en rouge et non en vert ? Bien qu'il ne soit

    pas possible de justifier logiquement la nécessité de tel nombre ou de telle couleur, ces

    éléments devront pourtant apparaître comme nécessaires, comme ils le sont toujours

    en toute oeuvre véritablement composée et structurée. Et son dénouement doit

    apparaître si évident qu'il soit exclu d'en imaginer de différent. J'affirme que si une

    telle pièce est écrite avec sincérité, elle s'imposera nécessairement au spectateur.

    J'ai déjà dit qu'au théatre, le problème de la forme pure est beaucoup plus ardu

    que dans les autres arts, parce que, comme l'a dit un « connaisseur », le public fait

    partie du spectacle lui-même et la pièce doit être rentable. Mais je pense que tôt ou

    tard, le théâtre prendra la voie de l'inassouvissement de la forme, qu'il a négligé

    jusqu'à présent. Je suis persuadé qu'on pourra créer des oeuvres exceptionnelles du

    point de vue de la forme pure et qu'on cessera d'avoir affaire à une pseudo-rénovation

    du théâtre, à la répétition nauséeuse d'un répertoire révolu. Il faut libérer la « bête

    endormie » et voir ce qu'elle va faire. Si elle devient enragée, il sera temps de l'abattre.

    1920


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               "Van Gogh le suicidé de la société"                d'Antonin Artaud

    "dans un monde où on mange chaque jour du vagin cuit à la sauce verte". 

     

     

     ©Crédits photographiques Thierry Tiko Lefebvre - 



    Écrit et proféré avec la fureur d'un volcan en éruption après la visite de l'exposition van Gogh (1947) et la lecture d'articles enfermant le peintre dans sa folie, ce brûlot signé Antonin Artaud, tout juste sorti de l'asile de Rodez où il fut interné de force et traité à l'électrochoc pendant neuf ans, démasque les Docteurs Ferdière et Gachet, ranime la violence primordiale des tableaux de van Gogh, là où la psychiatrie à l’instar du musée est accusée par la poésie/souffle d'Artaud de sorcellerie et d’émasculation.


    Il y a toujours eu en Artaud un critique d’art, au sens de Baudelaire, un passionné de peinture qui parcourt dès 1920 les Salons, rédige des articles et pratique lui-même très jeune le dessin et la peinture. C’est aussi le décor et le costume qui le portent au dessin lors de ses années d’expériences théâtrales auprès de plusieurs metteurs en scène, Lugné Poe, Pitoëff, Dullin notamment. Très proche du peintre Balthus, qui a réalisé le décor de sa mise en scène Les Cenci, il partage son goût des primitifs italiens et voit dans le tableau foudroyant « les Filles de Loth » de Lucas von Leyden « tout ce que le théâtre devrait être».

    La peinture comme la poésie doit frapper l’œil et l’oreille. Il dit de van Gogh d’ailleurs qu’il est un organiste des tempêtes arrêtées.  Il retrouve  l'art du dessin pendant son internement forcé à Rodez et intensifie sa présence au cœur de ses 406 cahiers  d’écolier,  mais aussi en réalisant de grands dessins qu’il exposera dans la galerie Pierre Loeb. C’est  ce dernier qui invite Antonin Artaud à visiter l’exposition van Gogh au Musée de l’orangerie en janvier 1947. « Non, van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques…. ».  Il reconnaît en Vincent  un double de cœur et  face à la puissance  et l’acharnement du peintre à refaire la création,  il répond par un pamphlet poétique majeur et désormais incontournable.

    Théâtre et peinture ont une histoire commune : oscillation  entre présence et absence de l’acteur, entre figuration et abstraction. Pour nous le théâtre est entre les arts, il est un langage écarté qui convoque tous les arts sur la scène ; ici dans notre mise en scène du suicidé de la société d’Antonin Artaud, la peinture figurative de van Gogh, de Bruegel le vieux et de Jérôme Bosh mais aussi  Poème électronique et Ionisation du compositeur Edgar Varèse côtoient  les lois scéniques de l’abstraction. (Schlemmer,  Meyerhold, Tadeusz Kantor…. )

    Nos créations ont toujours entretenu une relation à l’image, d’abord cinématographique puis vidéo et 3D : «Straszny ! théâtre –cinématographe» était une œuvre-manifeste jouée et projetée à 360° ; «Sade/Charenton, les larmes de sang » proposait une multiplicité de points de vue  par la retransmission en direct ;   « Calderon, la représentation de la représentation » de Pier Paolo Pasolini contenait un film 16mm couleur et une accumulation de cadres/écrans vidéo dans un rapport frontal ; « Roma Amor, le pouvoir ne se partage pas » s’approchait d’une fantasmagorie par la réalisation de décors antiques romains en images de synthèse projetés en transparence et cascades de plans, vers une scène virtuelle.

    Avec "van Gogh le suicidé de la société" d'Antonin Artaud nous retrouvons un théâtre pauvre et ce sont essentiellement les images fragmentées des peintures de van Gogh qui sont projetées dans l’espace noir du théâtre. La poésie d’Antonin Artaud les anime,  interroge les énigmes de leur lumière et leur douleur étranglée. C’est le deuil révolté d’Artaud qui forme le hors-cadre des peintures de van Gogh.  Artaud voulait voir les tableaux de van Gogh ailleurs que sur les murs d’une exposition « où l’objet est  émasculé ». Le théâtre leur rend leur inactuelle vitalité révolutionnaire.

    Nous voulons restituer à ce chef-d’œuvre la plus grande clarté et intelligibilité sur la scène, pour que résonne sa cruauté. Virginie Di Ricci, qui a le texte et l’œuvre d’Antonin Artaud chevillés au cœur, évolue en athlète affectif  dans une scénographie répondant aux lois de l’abstraction. Ce parti pris – cette ionisation - évite tout sentimentalisme ou tout débordement psychologique : « Le théâtre  ça se fait au grand couteau ».    

    Son œuvre inépuisable nous accompagne depuis nos débuts et toujours nous y revenons pour reprendre des forces et l’énergie nécessaire pour construire un parcours théâtral sans compromis.   L’importance de son apport à la mise en scène du XXème siècle  - il se situe vraiment  à la suite de Meyerhold, d’Appia, de Craig – a été occultée par l’approche hystérique de ses théories dans les années 70. Or, il n’est pas un aérolithe, il est au cœur des avant-gardes théâtrales de son temps, futuristes, constructivistes…et l’exemple absolu du renouvellement des formes et de l’expression. Il a été le premier à poser l’expression « réalité virtuelle » pour définir le théâtre par exemple. La réédition des Cenci préfacée par Michel Corvin  montre clairement la place d’Artaud dans l’histoire des avant-gardes théâtrales.

    Artaud a réaffirmé jusqu’au bout que la seule chose qui l’intéressait vraiment : « c’est le théâtre ».                                                               

                                                                                                      V. Di Ricci et J.M Musial juillet 2014 -

    pour le Journal du Festival Nous n'irons pas à Avignon. 

      

    Création à Confluences Paris les 6 et 7 janvier 2014.

    Reprise à Gare au théâtre - Festival Nous n'irons pas à Avignon -

    du 23 au 27 juillet 2014. 

     -

    DRAMATURGIE ET JEU :

    Virginie Di Ricci

    SCÉNOGRAPHIE, MISE EN SCÈNE,  LUMIÈRE :

    Jean-Marc Musial  

    RÉGIE PLATEAU

    David Bausseron

    PRODUCTION /ADMINISTRATION:

    TERRIBILITA / Angela De Vicenzo angedevin@yahoo.fr

    CONTACT

    cieterribilita@gmail.com    

    Production :

    TERRIBILITA avec le soutien de R.A.V.I.V (Partage d'espace de répétitions), de Confluences   - Coréalisation : Festival Nous n'irons pas en Avignon Gare au théâtre (Vitry / Seine).

    "Van Gogh le suicidé de la société" d'Antonin ARTAUD © Editions Gallimard

     

    Champs de blé aux corbeaux - van Gogh -  Auvers 1890 

     

    "Deux ou trois têtes de vieillards de fumée risquent une grimace d'apocalypse, mais les corbeaux de van Gogh sont là qui les incitent à plus de décence, je veux dire à moins de spiritualité."

    Antonin Artaud

    "Van Gogh le suicidé de la société"

     

     

    Antonin Artaud - Lettre à André BRETON Février 1947
    "Et je sais bien qu'un tableau de Van Gogh met par terre toute la cosmographie, toute l'hydrographie, toute la science des éclipses, des équinoxes et des saisons, mais je voudrais bien le voir ailleurs que dans les salles de l'orangerie où,
      exposé
       l'objet est
            émasculé,

     

     

     

    "Il y a quelque chose au dedans de moi, qu'est ce que c'est donc ? Les hommes sont souvent  dans l'impossibilité de rien faire, prisonnier de je ne sais quelle cage horrible, horrible, très horrible ...On ne saurait toujours dire ce que c'est qui enferme, ce qui mure, ce qui semble enterrer, mais on sent pourtant je ne sais quelles bornes, quelles grilles, des murs... et puis on se demande: Mon dieu, est-ce pour longtemps, est-ce pour toujours, est-ce pour l'éternité?  "

    Vincent Van Gogh-Lettre à Théo - juillet 1880

     

    -"Je veux faire aux pauvres un message fraternel. Quand je signe Vincent, 

     c'est comme si je les tutoyais." (Van Gogh 1880-1882)

     

    --------------------------------------------------------------------------------------------------------

     

    En répétitions du 5 au 18 août 2013 à Confluences (Paris)

    et du 19 au 25 août 2013 à Gare au Théâtre (Vitry-sur-Seine).

     Avec le soutien de RAVIV,  

    dans le cadre du Partage d’espaces de travail et de répétitions 2013.

    Van Gogh le suicidé de la société d'Antonin Artaud Extraits

     

    et du 30 décembre 2013 au 4 janvier 2014 au Théâtre de Gennevilliers. 

    --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

     

    Van gogh le suicidé de la société

    La chambre de Vincent -©Dessin JM Musial 2012

     

     


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    WITKACY ou L’INASSOUVISSEMENT chronique face à tout ce qui existe réellement. 

     

    Tragi-comédie sphérique de forme pure avec cadavres en x séquences farcies et  tableaux spontanés.

    D’après « Eux », « La poule d’eau », « Les grâces et les épouvantails  ou la pilule verte», « Les cordonniers »,  "Le petit manoir", "La sonate de Belzébuth" et "Précisions sur la forme Pure au théâtre".

    Mise en scène : Jean-Marc Musial

    Dramaturgie : Virginie Di Ricci, Jean-Marc Musial

    Avec ou sans : Juliette Bughin, Sylvie Pionneau, Charles-Ségard Noircière, Héloïse Adair-Ottavy, Julien Soller, Lucile D.Gronoff, David Bausseron,  Jean-Marc Musial, Jana Klein, Sylvain Martin, Virginie Di Ricci, Franck Ancel, Etienne Lelieur.

     

    Stanislas Ignacy Witkiewicz, génie multiple de Pologne (dramaturge, romancier, pamphlétaire, narcomane, photographe, précurseur en tout et philosophe, inventeur de la théorie de la forme pure),   est un génie turbulent et avorté, suicidé en 1939 au moment de la double invasion de la Pologne. 

    Son œuvre théâtrale  est marquée par  une vision grotesque et catastrophique du monde, à laquelle s'ajoute un sentiment d’atrocité métaphysique de l’existence et  d'impossible conciliation entre l'unicité et la multiplicité, entre individualité exacerbée  et société en route vers l’automatisation. Or l'art et plus encore le théâtre, permet de  renouer  le contact avec le Mystère de l'Existence à une époque où il  disparaît et où l'individu est en passe de perdre son unicité. 

    "Atteindre la mort dans la vie est presque impossible pour les individus (Art) mais se réalise complètement dans les sociétés(politique)".  

    Le réalisme au théâtre insupporte Witkiewicz. En réaction, il conçoit  dans les années 1920  la "Théorie de la Forme pure", troque la psychologie pour la physique puis écrit dans la foulée sans se relire une trentaine de pièces hilarantes et noires qui pilonnent le maximum de conventions. Il cherche dans la déformation de la vie une expression théâtrale inassouvie car l'Unique issue est pour lui dans la perversion des formes.  Un sentiment au théâtre pour Witkacy est une forme, au même titre qu'un son, qu'un geste.

    Witkacy est une pièce qui tend vers la forme pure. « Une pièce qui tend  vers la forme pure est quelque chose d’absolu, identique à soi, quelque chose en quoi les créatures qui agissent avec leurs déclarations, existent seulement en tant que partie d’un tout occupant un segment donné du  temps. »

    Les titres des pièces et les noms de personnages* ou plutôt des Existences particulières, ainsi qu'il redéfinit ses créatures de forme pure, en disent long sur son état d'esprit de révolte artistique. Les Existences particulières au théâtre  - cadavres vivants²-  ont à voir avec la découverte d'Einstein ; elles sont prises dans la dualité spatio-temporelle et résistent à l'automatisation de la vie par des convulsions comportementales et langagières,  d'incessantes  déclarations philosophiques et artistiques ou des excès narcotiques et érotiques.  

    "La tâche n'est pas aisée. A titre d'indication, je peux toutefois proposer une règle négative : oublier complètement la vie, et ne prêter aucune attention aux implications de ce qui se passe sur la scène à un moment donné ou à ce qui s'y passera par la suite. Bien entendu, je ne mentionne pas ici les implications "vitales" qui peuvent en découler en dehors de la scène : l'absence de recettes, le lynchage du metteur en scène, des comédiens et de l'auteur par les spectateurs, auxquelles un directeur de théâtre expérimental doit une fois pour toutes s'habituer."

    **Balaudruche, La poule d'eau, Spica, Edgar, La princesse, De puut, Hallucyna, Istvan,  Fibroma, Téfouan l'ennemi de l'art, Mariette, Lorbyro, Rustikoff, Baleastadar, Tumeur Cervikal...............

    Virginie Di Ricci / Terribilità

     Le Vendredi  11 novembre  2016 à 20H

    Le Samedi 12 novembre 2016 à 20h

    Le dimanche 13 Novembre 2016 à 18h

     

    AU THÉÂTRE DE VERRE 

    75 rue Henri Ribière 75019 Paris

    M°Place des fêtes

    Tarif : 6euros + adhésion théâtre de verre 4 euros

     

    Résa sur répondeur : 01.77.32.62.21

     

    ----------------------------------------------------------------

    LE 3 SEPTEMBRE 2016 A 20H

    AU THÉÂTRE DE VERRE -

    75 rue Henri Ribière 75019 Paris

    M°Place des fêtes

    Tarif : 6euros + adhésion théâtre de verre 4 euros

    Résa sur répondeur : 01.77.32.62.21

          

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                               WITKACY ou L’INASSOUVISSEMENT chronique

    face à tout ce qui existe réellement.

     

    Tragi-comédie sphérique de forme pure avec cadavres en 5 séquences farcies et tableaux spontanés.

    D’après «Eux », « La poule d’eau», «Les grâces et les épouvantails ou la pilule verte», « Les cordonniers », "Le petit manoir", "Tumeur Cervykal", "La sonate de Belzebuth" .

    Mise en scène : Jean-Marc MUSIAL

    Dramaturgie : Virginie DI RICCI et Jean-Marc MUSIAL

    Avec  ou Sans : Sylvie PIONNEAU, Charles-Ségard NOIRCIERE, Héloïse ADAIR-OTTAVY, Juliette BUGHIN, Julien SOLLER, Lucile D.GRONOFF, David BAUSSERON, Jana KLEIN, jean-Marc MUSIAL, Virginie DI RICCI, Etienne LELIEUR.

     

           Stanislas Ignacy Witkiewicz, génie multiple de Pologne (dramaturge, romancier, pamphlétaire, narcomane, photographe, précurseur en tout et philosophe, inventeur de la théorie de la forme pure), est un génie turbulent et avorté, suicidé en 1939 au moment de la double invasion de la Pologne. Son œuvre théâtrale marquée par la catastrophe, le sentiment d’atrocité métaphysique de l’existence, la multiplicité de l’unité et le rapport impossible entre individualité exacerbée et société en route vers l’automatisation, explose de vitalité stupéfiante et grotesque cherchant dans la déformation de la vie une expression théâtrale artistique inassouvie.

    A bas la «bebechowastoc»!A bas les personnages et leurs tripailles psychologiques ! Les existences particulières lancées dans la loco witkacyenne luttent entre une existence unique et aberrante d’isolement dans l’univers, et l’impossible conciliation avec la multiplicité vouée à la mise en condition et à la robotisation. Contraintes à la psychologie normale, torturées psychiquement, poussées à devenir des «ex-humains », elles résistent par des convulsions comportementales et langagières, des déclarations philosophiques et artistiques ou sombrent dans la mécanisation car l’Unique Issue est dans la perversion des formes.

    Witkacy est une pièce qui tend vers la forme pure. «Une pièce qui tend vers la forme pure est quelque chose d’absolu, identique à soi, quelque chose en quoi les créatures qui agissent avec leurs déclarations, existent seulement en tant que partie d’un tout occupant un segment donné du temps.» 

     

     

     

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    « La réalité prend certaines formes uniquement par jeu, pour créer l’illusion. Quelqu’un est homme, quelqu’un d’autre cafard, mais aucune de ces formes n’atteint l’essence, elles ne sont qu’un rôle momentanément adopté, une peau qui sera bientôt rejetée. Il s’agit là d’un monisme extrême de la matière pour laquelle les objets ne sont que des masques (…) Tout cela est empreint d’une atmosphère de coulisses où des acteurs débarrassés de leurs costumes rient aux larmes de leurs rôles pathétiques ou tragiques. Dans le fait même d’une existence particulière, il y a de l’ironie, de la blague, de la bouffonnerie, comme si l’on vous tirait la langue. »  Bruno Schulz, les boutiques de cannelle.

     

    TERRIBILITÀ, 

    en répétitions du 17 au 30 août 2015

    au Théâtre de l'Usine 

    grâce à

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    Mise en scène et Direction d'acteurs 

    Jean-Marc Musial

     

     Dramaturgie

    Virginie Di Ricci

     

    Acteurs

    David Bausseron

    Charles Segard-Noircière

    Virginie Di Ricci

    Gronoff

    Sylvie Pionneau

    Julien Soller

    Héloïse Adair-Ottavy

    Juliette Bughin

    Nicolas Granger

     

    REMERCIEMENTS POUR LEUR SOUTIEN à

    Pablo DROGUETT et Guillaume CARLIER. 

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    • MARDI 14 Juin 2016 à 19h    

      Fondation Jérôme Seydoux-Pathé 

      73 avenue des Gobelins 75013 Paris

    « Il y a une qualité de la souffrance nerveuse que le plus grand acteur du monde ne peut vivre au cinéma s'il ne l'a un jour réalisée. Et je l'ai réalisée. » Lettre d’Antonin Artaud à Abel Gance du 27 novembre 1927.

    La dernière séance du cycle « Le Grand jeu » se tourne vers une figure d’acteur à la fois sur et sous exposée : Antonin Artaud.

    La carrière d’Artaud acteur de cinéma, de 1923 à 1935, est traversée de fulgurances : révolutionnaire pour Abel Gance, religieux chez Dreyer, soldat désespéré pour Raymond Bernard ou ange-gardien de Fritz Lang.

    Pour cette dernière et singulière séance du « Grand Jeu », Kinétraces invite sur scène Virginie Di Ricci* pour une lecture de textes, lettres et documents d’archives, accompagnant les films : 

    "Faits divers", (1923), Claude Autant-Lara – 20 min
    "Autour de "La Fin du monde", (1930), Eugène Deslaw – 11 min
    "La Chute de la maison Usher", (1928), Jean Epstein – 64 min

    Projection en 35 mm et DCP. Copies provenant du CNC et de la Cinémathèque française.

    Séance accompagnée au piano par Thomas Lavoine, élève de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en collaboration avec le Conservatoire National Supérieur de la Musique et de la Danse de Paris.

    *Virginie Di Ricci est actrice/dramaturge/ monteuse. Elle a co-fondé le laboratoire de recherches et créations scéniques Terribilità. Depuis 1999, elle se confronte régulièrement seule en scène au Van Gogh, le suicidé de la société d'A.A., et propose depuis 2013 des percées vocales sous forme de Conférences/lectures dans les derniers Cahiers d'Ivry parus en 2012. Elle a publié deux textes dans les Cahiers Artaud ; N° 1 (oct 2013) et N°2 (oct 2015)

     

    Extraits : 


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    Le Périscope - NÎMES
    1ère partie - QUE C'EST BEAU JARRY !
    3 blocs calmes chu ici-bas d’une navigation dans le miroir avec Pacôme Thiellement & Virginie Di Ricci

    2eme partie - BRO(C)KEN ISLAND/S -voyage sonore et spectral sur le thème du « Genius Loci », une traversée du miroir sonore et métaphysique de Michaël Grébil / ∑ichaë山iberg

     

     


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  • Deux présentations en avant-premières de

    "Van Gogh le suicidé de la société" d'Antonin Artaud

     

    ont eu lieu

    à Confluences - Paris 20ème 

    - lundi 6 et mardi 7 janvier 2014 à 19h30  - 

    Manière de mettre à l'épreuve de regards singuliers ce premier jet théâtral

    "dans un monde où on mange chaque jour

    du vagin cuit à la sauce verte". 

     Merci d'être venus 

    Avant-première

    Avant-première van Gogh Confluences Photo Jm Musial -  Scénographie  Confluences janvier 2014.

    -

    Dramaturgie et Jeu :

    Virginie Di Ricci

    Scénographie, Mise en scène, lumière/son/Image, et Régie directe :

    Jean-Marc Musial  

    Production :

    Terribilità

     

     

    Remerciements particuliers :

    Aelters, Hnz Adrzn, Arp Alias, David Bausseron, Louise Bronx, Barbie Rooza, Angela Di Vicenzo, Mirabelle Rousseau, Esther Silber, Seb (DigitalVandal).


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  • SAMEDI 15 FÉVRIER 2014 à 20H

     

    6, rue d'Eupatoria

    Eglise Notre-dame-de-la-Croix de Ménilmontant - 75020

    M° Ménilmontant

     

    Lectures amplifiées - Ménilmontant 2014©Photo Patricia Rousseau

    Lectures amplifiées - Ménilmontant 2014©Photo Jm Musial 

     

     

    LECTURES AMPLIFIÉES

    Création  THEATRE

    Prix : Participation Libre

     

    - Les Chaises - Voix off d'un scénario écrit et lu par Anne Makovski + Geoffroy Laporte guitare électrique - 

     

    Précédé de 

     

    - 3 Lettres à Théo de Vincent van Gogh - et extrait de « Van Gogh, le suicidé de la société »  d'Antonin Artaud par Virginie Di Ricci + son Jean-Marc Musial

                                                                                                                 

     

    « NUL N’A JAMAIS ÉCRIT OU PEINT, SCULPTÉ, MODELÉ, CONSTRUIT, INVENTÉ, QUE POUR SORTIR EN FAIT DE L’ENFER. »             

    Antonin Artaud

     

     

     

     


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     VENDREDI 7 MARS 2014 à 19h30

    Ecole Nationale Supérieure d'Art de Bourges 

    7 rue Edouard-Branly 

     

    Lecture de Textes et cahiers d'Ivry d'Antonin Artaud

    par Virginie Di Ricci

     

    Dans le cadre du Théâtre de l'Auto-dévoration,

    cycle proposé par Pacôme Thiellement

    à l'invitation de

     Bandits-Mages

     

     

    O TA FIOLE IRA 

    - Le visage humain-

     

     


    Tête Bleue - Dessin d'Antonin Artaud - 1946

     

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

     

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

    Photo Amar Belmabrouk (Bandits-Mages)

     


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    La fin de Satan, c’est fini ! Pacôme Thiellement en résidence au Monte-en-l'air

     

    La résidence « Satan Trismégiste » a commencé le jeudi 7 mars 2013 et s’est achevée le mercredi 22 janvier 2014. C’est grâce à la librairie surnaturelle Le Monte-en-l’air que tout a eu lieu, grâce à Fabrice Cysique, à Guillaume Dumora et à la sublimissime Aurélie Garreau. Et si cette résidence s’est doublée d’un théâtre de vidéos sur viméo, c’est grâce à Remue.net, à Guénaël Bontouillet, à Patrick Chatelier et à l’inimaginablement fabuleuse Marjolaine Grandjean. 
    Ici vous avez tous les liens pour les vidéos que Marjolaine a filmées avec rigueur et toujours un magnifique sourire le long de la résidence au Monte-en-l’air. 
    L’idée était et est de faire le lien entre les grandes « gnoses » (qu’il s’agisse du gnosticisme à proprement parler ou de ses extensions typeIshrâqîyûn [1] ou pensée traditionnelle guénonienne [2]) et la pratique carnavalesque et cruelle, de la pataphysique à Hara-Kiri
    Pourquoi ? Pour lutter contre l’ennui, la dépression, le sentiment du malheur, le sentiment de l’inéluctable injustice. 
    Et parce que c’est beau. 

     

    http://www.criticalsecret.net/pacomethiellement-epilogue-en-liens-epilog-such-as-links,148


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  • Dessin de Sylvie LOBATO  - Merci Sylvie -

    (réminiscence du "Van Gogh, le suicidé de la société" le 7/01/2014)

    "C'est ainsi que les quelques rares bonnes volontés lucides qui ont eu à se débattre sur la terre, se voient à de certaines heures du jour ou de la nuit, au fond de certains états de cauchemars authentiques et réveillés, entourés de la formidable succion, de la formidable oppression tentaculaire d'une espèce de magie civique que l'on verra bientôt apparaître dans les mœurs à découvert." Antonin Artaud

     

    Sylvie LOBATO


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  • FUGUE DE MORT - Paul CELAN - 1945

    Lait noir de l'aube nous le buvons le soir

    le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit

    nous buvons et buvons

    nous creusons dans le ciel une tombe où l'on n'est pas serré

    Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit

    il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d'or  

    écrit ces mots s'avance sur le seuil et les étoiles tressaillent il siffle ses grands chiens  

    il siffle il fait sortir ses juifs et creuser dans la terre une tombe  

    il nous commande allons jouez pour qu'on danse

    Lait noir de l'aube nous te buvons la nuit

    te buvons le matin puis à midi nous te buvons le soir

    nous buvons et buvons

    Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit  

    il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d'or

    Tes cheveux cendre Sulamith nous creusons dans le ciel une tombe où l'on n'est pas serré

    Il crie enfoncez plus vos bêches dans la terre vous autres et vous chantez jouez

    il attrape le fer à sa ceinture il le brandit ses yeux sont bleus

    enfoncez plus les bêches vous autres et vous jouez encore pour qu'on danse

    Lait noir de l'aube nous te buvons la nuit

    te buvons à midi et le matin nous te buvons le soir

    nous buvons et buvons un homme habite la maison Margarete tes cheveux d'or

    tes cheveux cendre Sulamith il joue avec les serpents

    Il crie jouez plus douce la mort la mort est un maître d'Allemagne

    il crie plus sombres les archets et votre fumée montera vers le ciel

    vous aurez une tombe alors dans les nuages où l'on n'est pas serré

    Lait noir de l'aube nous te buvons la nuit

    te buvons à midi la mort est un maître d'Allemagne

    nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons

    la mort est un maître d'Allemagne son oeil est bleu

    il t'atteint d'une balle de plomb il ne te manque pas

    un homme habite la maison Margarete tes cheveux d'or

    il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans le ciel

    il joue les serpents et rêve la mort est un maître d'Allemagne

    tes cheveux d'or Margarete

    tes cheveux cendre Sulamith


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    A MÊME LE RITE DE LA DEVORATION DU SOLEIL NOIR

     

    Chère Virginie Di Ricci, 

    Que garde un spectateur après cette magnifique, touchante et très émouvante représentation de ce VINCENT VAN GOGH LE SUICIDE DE LA SOCIETE ?Là où TOUTE L'OEUVRE n'est que la mise en mots, en phrases, en scènes, en signes d'Antonin Artaud par lui-même, corps et être jusqu'au supplice... 

     

    Et bien, je crois, qu'après les vagues d'applaudissements qui clôturent la représentation, commence l'avalement du miracle et de ses fragments propre au théâtre en chacun... une sorte de dévoration des êtres entre eux dans le gouffre de la conscience... 

     

    Et cette  SAINTE COMMUNION a eu lieu ce mardi 7 janvier 2014 dans ce boîtier noir de l'espace de Confluences... 

     

    Là où on a dévoré l'ÊTRE-ACTRICE-ARTAUD-DI RICCI... 

     

    De FILLE DU FEU  en FILLE DE COEUR parmi les rares, les très rares de l'excellence... comme lors de cette apparition d'un corps de lumière incarnée derrière cette plaque vitreuse et oblique qui devient énigme de lumière vraie... ce foudroiement où surgit Virginie Di Ricci  traversée par l'emportement des signes dans cette fusion-bûcher des flammes invisibles qui se métamorphose en ce papillon de fond d'espace agitant ses deux ailes immenses de toile noire fendue dans un instant d'extraordinaire vérité... 

     

    Et donc, comme une étoile apparue qui restera dans la constellation intérieure de chacun...

    José GALDO  le 11 janvier 2014

     http://www.poethique.org/pages/poetes-contemporains/galdo-jose.html

     

    Cher José Galdo,
    Un fragment du miracle fut que vous soyez là,   et que vous m'en restituiez l'impact avec une telle profondeur sensible. Ce qui est lancé - le poème d'Antonin Artaud - et sa déflagration, je n'en suis pas indemne - la dévoration dont vous parlez a bien lieu pour l'acteur aussi. Alors un message de vous apporte un soulagement à cette cruauté d'être soi-même avalé. Apporte un sens secret  à faire du théâtre vrai et invite à ne pas lâcher. Les énigmes de la lumière que vous avez captées sont au cœur de la mise en scène, de l'unité ; là où l'unique, l'acteur, n'est qu'un mal voyant en passe d'aveuglement complet.  

    Amitiés,Virginie Di Ricci

    Réponse-poème de José Galdo

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vincent van Gogh
    Le grand paon de nuit, 1889
    Huile sur toile, 33,5 x 24,5 cm
    Musée Van Gogh, Amsterdam

     


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  • CYCLE SATAN TRISMEGISTE De Pacôme Thiellement

    Mardi 10 Décembre 2013 au Monte-en-l'air à 19h30 :

    SOIREE ARTAUD avec Virginie Di Ricci


    Virginie Di Ricci est actrice, dramaturge et monteuse d'images au coeur de Terribilità. Antonin Artaud, S.I. Witkiewicz, D.A.F. de Sade, Pier Paolo Pasolini, les romains du Ier siècle, Laure et Bataille sont les écritures qu'elle a traversées en scène, une scène toujours à réinventer dans la continuité et l'archéologie de ses grands réformateurs, Craig, Appia, Meyerhold, Kantor et dont Antonin Artaud est l'une des figures les plus obsédantes.

     Au Monte-en-l'air, dans le cadre de la résidence SATAN TRISMEGISTE de Pacôme Thiellement , elle évoquera l'existence d'un théâtre dans l'Egypte ancienne et comment Antonin Artaud en fut l'inventeur (+ Lecture d'extraits des Derniers cahiers d'Ivry).

     

    Création en cours THEATRE

     


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  • Extrait de L’Art du théâtre

    Par EdwardGordon Graig

     « Tout ce qui est accidentel est contraire à l ‘Art. L’art est l’antithèse même du Chaos, qui n’est autre chose qu’une avalanche d’accidents. L’Art ne se développe que selon un plan ordonné. Il ressort donc clairement que pour créer une œuvre d’Art, nous ne pouvons nous servir que de matériaux dont nous usions avec certitude. Or, l’homme n’est pas de ceux-là. Toute sa nature tend à l’indépendance ; toute sa personne montre à l’évidence qu’elle ne saurait être employée comme « Matière » Théâtrale.

     Les gestes de l’acteur, l’expression de son visage, le son de sa voix, tout cela est à la merci de ses émotions… Son visage et ses membres, s’ils n’échappent pas à tout contrôle, résistent bien faiblement au torrent de la passion intérieure et manquent de le trahir à tout instant.

     Comme je l’ai écrit par ailleurs, le Théâtre continuera de croître, et les acteurs pendant un certain nombre d’années encore retarderont son développement. Mais j’aperçois une issue par où ils pourront échapper à leur servitude actuelle. Ils recréeront une manière de jouer nouvelle consistant en grande partie en gestes symboliques.

     De nos jours l’acteur s’applique à personnifier un caractère et à l’interpréter ; demain il essaiera de le représenter et de l’interpréter ; au jour prochain il en créera un lui-même. Ainsi renaîtra le style.

     Et voilà ce qu’on appelle faire œuvre d’art, ce qu’on dit être une manière intelligente de suggérer une idée. Ma foi, cela fait penser à un peintre qui tracerait sur un mur l’image d’un quadrupède à grandes oreilles et puis écrirait « âne » dessous. Les grandes oreilles l’indiquaient de reste, sans qu’il ait eu besoin de rien écrire ; un écolier n’eût pas fait autrement. La différence entre l’écolier et l’artiste est que celui-ci au moyen des seuls traits et des contours évoque aussitôt l’image de l’âne ; et si c’est un grand artiste il évoquera l’idée de l’espèce entière des ânes, l’esprit de la chose.

     L’acteur enregistre la vie à la manière d’un appareil de photographie et il essaie d’en donner un cliché photographique. Il ne soupçonne pas que son art puisse en être un comme la Musique. Il s’efforce uniquement de reproduire la nature ; il pense rarement à inventer d’après elle ; il ne songe jamais à créer.

     « Quoi ! » s’écrie l’acteur au sang vif et aux yeux étincelants : « Il n’y aura donc ni chair ni vie dans votre Art du Théâtre ! » Tout dépend de ce que vous entendez par vie quand vous vous servez de ce mot relativement à l’idée d’Art. Pour le peintre, le mot de vie représente quelque chose de très différent de la réalité ; pour les autres artistes le mot vie a un sens tout idéal ; et ce sont les seuls, acteurs, ventriloques et naturalistes, pour qui mettre de la vie dans leur œuvre signifie fournir une imitation matérielle, grossière, immédiate de la réalité.

     Les lois qui régissent la peinture, la architecture et la musique rendent la chose possible. Un tableau peut se composer de quelques lignes à peine. Mais si simples soit-il, il peut être parfait. Elles seront à mon gré droites ou courbes, et il n’y a pas à craindre que ma main les trace courbes si je les veux droites.

     Ce qui à mes yeux fait la différence entre la résultante de l’intelligence et la résultante du Hasard (c’est que) la première donne une œuvre d’art, la seconde n’est qu’une œuvre de circonstance. Qu’une production de l’intelligence atteigne sa forme parfaite et c’est une œuvre d’art pur. Et c’est pourquoi j’ai toujours soutenu, bien que je puisse me tromper, que votre profession n’est pas de nature artistique, chacune de vos réalisations étant sujette à être modifiée par l’émotion. »

     Si vous découvrez quelque jour dans la Nature un mode nouveau dont l’homme n’ait jamais usé pour exprimer sa pensée, sachez que vous serez à la veille de créer un nouvel Art ; car vous aurez découvert les éléments mêmes de cet Art.

    Pater écrit à propos de la sculpture : « Sa lumière blanche lavée de la pourpre sanglante de l’action et de la passion, révèle, non point ce qui est accidentel dans l’homme, mais ce qui est divin en lui, ce qui contraste avec son agitation continuelle. »

    Peut-être la marionnette redeviendra-t-elle quelque jour le médium fidèle de la belle pensée de l’artiste? Et le jour approche qui nous ramènera le pupazzi, créature symbolique façonnée par le génie de l’artiste, et où nous retrouverons « la noble convention » dont parle l’historien grec ? Nous ne serons plus alors à la merci de ces aveux de faiblesse qui trahissent sans cesse les acteurs et éveillent à leur tour chez les spectateurs des faiblesses pareilles. Dans ce but, il faut nous appliquer à reconstruire ces images, et non contents des pupazzi, il nous faut créer une sur-marionnette.

    Celle-ci ne rivalisera pas avec la vie, mais ira au-delà ; elle ne figurera pas le corps de chair et d’os, mais le corps en état d’extase, et tandis qu’émanera d’elle un esprit vivant, elle se revêtira d’une beauté de mort. Ce mot de mort vient naturellement sous la plume par rapprochement avec le mot de vie dont se réclament sans cesse les réalistes.

    L’artiste étant par définition celui qui perçoit davantage que ceux qui l’entourent, et qui exprime plus qu’il n’a vu. Et parmi les artistes, ce n’était pas le moindre que l’ordonnateur des cérémonies, le créateur de visions, ministre dont l’office de célébrer l’esprit qui présidait à la cité – l’esprit du Mouvement.

    Vous comprenez maintenant ce qui m’a fait aimer et apprécier ce que de nos jours on nomme « marionnette » - ce qui m’a fait détester ce qu’on nomme « le réalisme dans l’Art ? »

    Je souhaite ardemment le retour de cette image au Théâtre, de cette sur-marionnette. Que ce symbole revienne, et sitôt apparu il gagnera si bien les cœurs, que nous verrons renaître l’antique joie des cérémonies, la célébration de la Création, l’hymne à la vie, la divine et heureuse invocation à la Mort. »

    La sur-marionnette Gordon Craig


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    Février 1890 

    Cher Monsieur Aurier,

    Merci beaucoup de votre article dans le Mercure de France, lequel m’a beaucoup surpris. Je l’aime beaucoup comme oeuvre d’art en soi, je trouve que vous faites de la couleur avec vos paroles ; enfin dans votre article je retrouve mes toiles mais meilleures qu’elles ne le sont en réalité, plus riches, plus significatives. Pourtant je me sens mal à l’aise lorsque je songe que plutôt qu’à moi ce que vous dites reviendrait à d’autres. Par exemple à Monticelli surtout. [...] Ensuite je dois beaucoup à Paul Gauguin avec lequel j’ai travaillé durant quelques mois à Arles et que d’ailleurs je connaissais déjà à Paris.

                        

    peinture,van gogh,saint-rémy

      Au prochain envoi que je ferai à mon frère  j’ajouterai une étude de cyprès pour vous  si vous voulez bien me faire le plaisir de  l’accepter en souvenir de votre article. J’y  travaille encore dans ce moment, désirant  y mettre une figurine.

     Le cyprès est si caractéristique au paysage  de Provence. Jusqu’à présent je n’ai pas pu  les faire comme je le sens ; les émotions  qui me prennent devant la nature vont    chez moi jusqu’à l’évanouissement et alors  il en résulte une quinzaine de jours  pendant lesquels je suis incapable de    travailler. Pourtant, avant de partir d’ici, je  compte encore une fois revenir à la charge  pour attaquer les cyprès. L’étude que je  vous ai destinée en représente un groupe  au coin d’un champ de blé par une journée  de mistral d’été. C’est donc la note d’un  certain noir enveloppé dans du bleu  mouvant par le grand air qui circule, et,  opposition faite à la note noire, le vermillon  des coquelicots.

     

     Vincent Van Gogh – Cyprès avec deux figures de femmes, juin 1889, Kröller-Müller Museum, Otterlo  


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